25 mai 2012

Thornytorinx - Camille de Peretti


Paru en 2005, "Thornytorinx" est le premier roman, d'inspiration autobiographique, de l'écrivaine française Camille de Peretti à qui l'on doit également "Nous sommes cruels", "Nous vieillirons ensemble" et "La Casati".

Sur le thème de l'anorexie-boulimie, "Thornytorinx" est un court roman dont j'ai appris après lecture qu'il n'était au départ pas destiné à être publié.
Voilà qui expliquerait pourquoi j'ai eu l'impression de lire un témoignage à défaut d'une analyse étayée sur le sujet.
Camille est une petite fille sage qui cherche sans arrêt à attirer l'attention sur elle, quitte à s'oublier complètement pour faire plaisir aux autres.
Ainsi, bien que littéraire, elle intègre une école de commerce, subit un stage de 4 mois au Japon et finit par signer un contrat d'apprentissage de 3 ans dans une banque d'affaires où elle s'ennuie à périr.
Durant toute cette période, elle retourne son sentiment d'insatisfaction permanente contre son corps, vomit ses tripes, sa vie entière.
Evidemment, comme c'est le cas de nombreuses anorexiques, il faut chercher l'origine du problème du côté de la mère, si fière (trop) de tout ce qu'accomplit sa fille et elle-même obnubilée par son poids.
" Trop d'amour, peut-être, trop d'espoirs rassemblés sur la tête d'une seule enfant, sûrement, trop de souffrance à soulager pour avoir le temps de vivre ses propres maux.
Une mère tyrannique et merveilleuse. Une mère qui pardonnerait tout à ses enfants pour mieux les culpabiliser. Impossible de lâcher cette mère-là." p.80

Je ne vous conseillerais pas d'offrir ce livre à quelqu'un souffrant d'anorexie tant la conclusion de ce roman se veut peu encourageante.

Je suis une personne normale et vomir est un mode d’expression comme un autre. (…) On a toujours le choix dans la vie et mon choix je l’ai fait : j’appelle ma mère tous les jours pour lui dire que je l’aime et qu’elle ne s’est pas trompée. Je préfère être une princesse sous Xanax plutôt qu’une poissonnière qui croque des bonbons à l’eucalyptus. (…) Aujourd’hui, je vomis de temps à autre, je vomis, encore et toujours, mais je ne suis pas triste et je ne suis pas une victime, je ne l’ai jamais été. (…) Se faire vomir n’a jamais empêché quiconque d’aimer et d’être aimée. Une femme sur cinq le fait. Je ne suis pas seule, et je ne me cache plus.
Au fond, on ne guérit jamais d'une telle absurdité." p.149

Sur le même thème, j'ai largement préféré "Jours sans faim" de Delphine de Vigan, moins "tapageur" mais assurément plus profond.

12 commentaires:

  1. La couverture est électrochoc !

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  2. Un thème qui m'intéresse peu, donc je passe. Mais j'ai "Nous sommes cruels" dans ma PAL.

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    1. De mon côté, la relire n'est pas une priorité ;)

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  3. Pas très emballée non plus par cette lecture ! Je passe ;)

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  4. Cela tombe bien, j'ai "Jours sans faim" dans ma besace ! ;)

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    1. Un bon roman sur le sujet et qui n'en fait pas trop comme c'est le cas de beaucoup de romans (dont celui-ci) sur ce thème

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  5. J'en ai déjà lu pas mal sur le même sujet! Aucune envie d'y retourner pour le moment!

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    1. J'ai eu ma dose aussi mais j'aimerais quand même lire un jour "Le pavillon des enfants fous" dont j'ai beaucoup entendu parler !

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  6. Je n'en avais pas entendu du bien à sa sortie. Je ne suis toujours pas tentée.

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  7. J'avais été tentée par ce livre, il y a un bout de temps. Mais je ne l'ai finalement jamais acheté. Je crois que je n'y reviendrai pas.
    Je vais jeter un oeil à ta chronique sur le Delphine de Vigan.

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