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6 août 2014

Les Deux Visages de janvier - Patricia Highsmith (livre + film)


Publié aux USA en 1964, "Les Deux Visages de janvier" est un roman de l'écrivaine américaine Patricia Highsmith, particulièrement connue pour son premier roman "L'Inconnu du Nord Express" - adapté au cinéma par Alfred Hitchcock - et sa série de romans centrés autour du personnage de Tom Ripley.

Au début du mois de janvier, Chester MacFarland et son épouse Colette accostent au Pirée pour rejoindre Athènes et ainsi échapper aux USA où Chester est désormais connu pour ses escroqueries.
Alors qu'un inspecteur de la police grecque semble avoir identifié Chester, celui-ci l'assomme dans sa chambre d'hôtel et croise le jeune Raydal Keener dans le couloir au moment de dissimuler le corps.
Habitué à monnayer tout service rendu, Chester est fort surpris de constater que ce jeune étudiant en droit sans argent lui vienne en aide et semble plus intéressé par sa femme que par ses billets verts...

Kirsten Dunst est une actrice que j'apprécie beaucoup (l'homme aussi mais à mon avis pas pour les mêmes raisons :)) et avec laquelle j'ai "grandi" en quelque sorte puisque nous avons le même âge et que j'ai pour ainsi dire vu tous ses films depuis ses débuts dans "Entretien avec un vampire".
Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce film et j'en ai du coup profité pour découvrir le roman juste avant mon passage en salle.

Le roman

Chester MacFarland est un agent de change véreux qui a bâti sa fortune sur l'ignorance d'actionnaires peu regardants. Dès le début du roman, on le sent en mauvaise posture, toujours sur le qui-vive, traqué, buvant plus que de raison.
Sa femme Colette, plus jeune de 20 ans, fait figure d'oie blanche. On imagine difficilement un couple plus disparate.
Bien qu'elle soit au courant des activités frauduleuses de son mari, elle n'avait sans doute pas imaginé qu'ils en arriveraient à fuir de pays en pays au gré des avis de recherche.
Contrairement à ce que j'imaginais, elle ne joue ici qu'un rôle mineur, faisant office de trophée que Chester et Raydal se disputent.
C'est d'ailleurs mon seul regret dans ce roman : l'absence d'émotions de la part des deux hommes la concernant.
Non seulement elle joue avec le feu en ne cachant pas son attirance pour Raydal mais elle signifie clairement à son mari qu'elle n'apprécie plus d'être sa complice malgré elle.
Il est donc principalement question ici d'une rivalité et d'un règlement de comptes entre deux hommes qui se retrouvent à la merci l'un de l'autre puisque chacun détient une information qui pourrait faire tomber l'autre.
Là où le roman se veut particulièrement intéressant, c'est dans sa dimension psychologique puisqu'il est centré sur cette relation étrange qui lie Chester à Raydal.
La première fois que Raydal aperçoit le couple, il est non seulement troublé par Colette qui lui rappelle son amour de jeunesse interdit, mais il est surtout frappé par la ressemblance entre Chester et son défunt père, un homme de loi droit dans ses bottes qui avait l'habitude de tout régenter.
Au delà de la ressemblance physique, bien que Chester soit tout le contraire d'un honnête homme, il affiche cette même tendance au contrôle, principalement grâce à l'argent.
On a donc l'impression qu'à travers son conflit avec Chester, Raydal prend sa revanche sur ce père autoritaire avec lequel il n'a pas eu le temps de régler ses comptes.
Et cela marche puisque Chester perd progressivement sa femme, son argent, sa vie...

Bien qu'il y ait pas mal de chassés-croisés entre les deux hommes, ne vous attendez pas à moults retournements de situation. "Les Deux Visages de janvier" est un policier de facture classique, ni plus ni moins (et c'est très bien comme ça :))

Le film



Réalisé par Hossein Amini à qui l'on doit notamment l'excellent "Drive" et le nettement moins bon scénario de "Blanche-Neige et le chasseur", le film est sorti au mois de juin et est toujours disponible dans nos salles de cinéma.
Rien à redire concernant les performances des 3 acteurs principaux que sont Kristen Dunst (Colette), Viggo Mortensen (Chester MacFarland) et Oscar Isaac (Raydal Kenner). Un trio vraiment impeccable.
J'ai vraiment apprécié que le rôle de Colette soit un peu plus consistant dans le film que dans le roman (elle m'avait semblé un peu trop naïve) et que le réalisateur laisse paraître plus d'émotions chez les deux hommes que ne l'avait fait la romancière.
Paradoxalement, si le roman nous montre plus en avant la relation entre Colette et Raydal, il fait complètement l'impasse sur les sentiments des deux hommes, là où le film qui donne l'impression que ces deux-là viennent juste de faire connaissance, en dit plus long sur les émotions des deux rivaux.
Comme je venais de terminer le roman juste avant de me rendre au cinéma, j'ai évidemment tiqué sur plusieurs différences (notamment au tout début et à la toute fin) par rapport au scénario d'origine.
La plupart ne m'ont pas dérangée, bien que je ne comprenne pas l'intérêt de changer pour changer, le scénario de Patricia Highsmith étant parfaitement transposable à l'image dans son intégralité.
Néanmoins, je n'ai pas aimé que le personnage de Raydal passe pour un gigolo petit arnaqueur de touristes, ce qu'il n'est pas dans le roman.
Mais surtout je trouve que la vraie raison du conflit entre les deux hommes, bien que rapidement évoquée au tout début, ne transparaissait pas dans le film.
Au contraire, on a l'impression d'une simple querelle entre coqs alors que c'est plus profond que cela !
Ceci dit, ceux qui n'auront pas lu le roman avant de voir le film, ne le relèveront sans doute pas.
A voir pour le bon jeu d'acteurs et si vous aimez les films noirs à l'ambiance années 60 et les paysages grecs :)


http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-la-page/http://liliba.canalblog.com/archives/2014/07/15/30240423.html

23 juillet 2014

Bastards - Ayerdhal


En librairie depuis le 6 janvier dernier, "Bastards" est le dernier roman de l'écrivain français Ayerdhal, particulièrement connu pour son oeuvre de science fiction.

Après avoir décroché le Pulitzer, l'écrivain Alexander Byrd se retrouve en proie au syndrome de la page blanche et fait appel à son collègue écrivain, Colum McCann.
Ce dernier lui parle de l'affaire Cat Oldie, le surnom qu'ont donné les médias à une vieille dame recherchée par la police car réputée pour se défendre mieux que personne à l'aide d'un sarcloir et d'un...gros chat.
Avec l'aide de son amie Maria Minuit, chargée des relations publiques au FBI et de deux assistants du procureur, Alexander se lance sur la piste de cette nonagénaire hors du commun et la retrouve devant la tombe du célèbre Houdini. Une rencontre qui déclenchera une guerre cinglante entre services secrets.
Percera-t-il le mystère de Cat Oldie ?

Voici un roman qui sort quelque peu des sentiers battus, hybride de par ses affinités avec les genres policier et fantastique, sans compter que l'action est bien présente dans ce roman qui se consacre par ailleurs à la quête d'un écrivain en manque d'inspiration.
Mais je dois avouer que c'est surtout l'univers félin dont s'entoure ce roman qui m'a le plus intriguée :)
Et je dois dire que j'ai été gâtée puisque les chats, associés à la mythologie égyptienne, tiennent une place de choix dans ce roman ! (Niki si tu passes par ici ;))

Nous suivons au départ un écrivain en panne sèche avec toutes les interrogations que cela suppose. L'occasion d'une intéressante rencontre avec Colum McCann, entre autres puisqu'Alexander Byrd croisera la route d'autres amis écrivains tels que Norman Spinrad, Jérôme Charyn, Paul Auster, Siri Hustvedt.

" - A la bonne heure ! s'exclame Jérôme. Tu sais comment les Français appellent le Bogeyman ?
- Aucune idée.
- Le croque-mitaine. Ca signifie the Crunch Mitts. C'est une belle image, non ? Ils ont aussi une autre expression rigolote pour dire sensiblement la même chose : le père Fouettard.
Ca peut se traduire par the Whipping Dad.
- Tu trouves ça rigolo ? Je dirais plutôt que c'est terrifiant.
- Tu trouves ça plus effrayant qu'un barbu bedonnant qui ramone les cheminées avec des cadeaux emballés par une armée d'esclaves dans du papier non recyclable ? Tiens, imagine la terreur d'un môme à qui tu dirais : "Si tu n'es pas sage, je t'envoie travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans une mine au pôle Nord." p.148
"Bastards" bascule dans le genre policier au moment où Alexander se lance à la recherche de Cat Oldie et la trouve sur la tombe d'Houdini. A partir de cette rencontre, de petites touches de fantastique viennent se greffer au récit, sans qu'on ne parvienne toutefois à les relier directement à l'intrigue principale.
Si j'ai aimé suivre cet écrivain jouant les apprentis détectives, je ne l'ai décidément pas trouvé des plus finauds.


S'ajoute à cela le fait que je ne l'ai pas particulièrement apprécié en tant qu'homme : son côté chaud lapin et sa désinvolture par rapport à Maria Minuit du début à la fin m'ont quelque peu refroidie.
Alexander Byrd est présenté comme un écrivain, jeune veuf, qui tient à son indépendance. Du coup, j'ai été assez surprise par le fait qu'entouré en permanence par des femmes au tempérament explosif, il ne pète pas un plomb.

Comme le dit l'auteur : " L'écrivain n'est qu'un étalon qui s'est enferré dans une dynastie matrilinéaire à laquelle il ne comprend rien." p.260
 
Sacré gynécée d'ailleurs que cette galerie de personnages féminins aux griffes acérées et dotés d'un sacré sens de la répartie et de l'humour ! Kayleen, Asuncion, Lizzie, Shania, Aeris, Vaimiti, Liadan, Hermeline, Janet, la jeune Emily, c'est simple, je les ai tous aimés (coup de coeur particulier pour les deux dernières).

Si je me suis parfois sentie perdue durant ma lecture (beaucoup d'instances impliquées et d'enjeux à différents niveaux), j'ai toujours pu retomber sur mes pattes grâce à la maîtrise exemplaire de l'auteur dont on devine qu'il sait parfaitement où il va. Pour un français, il semble d'ailleurs tout à fait à l'aise dans la banlieue new-yorkaise.
Un roman assez dense, sans jamais être brouillon, et à la croisée de plusieurs genres habilement mêlés. Le genre de lecture qui ne devrait laisser personne indifférent !
Mon seul regret ? Ne pas pouvoir lire le roman achevé d'Alexander Byrd :)

Je remercie Babelio de m'avoir envoyé ce roman dans le cadre de son opération Masse Critique consacrée aux littératures de l'imaginaire.

tous les livres sur Babelio.com


http://liliba.canalblog.com/archives/2014/07/15/30240423.html

27 juin 2014

Souviens-toi de demain - Vanessa Caffin



En librairie depuis le 26 mars dernier, "Souviens-toi de demain" est un thriller écrit par la romancière française Vanessa Caffin, également auteure de "J'aime pas l'amour...ou trop peut-être", "Mémoire vive" ou encore "Rossmore Avenue".

Charlie Longe, 35 ans, est victime d'une agression qui la plonge dans le coma durant un mois.
A son réveil, non seulement elle n'a conservé aucun souvenir de son passé, mais elle n'est désormais plus capable d'enregistrer de nouvelles informations.
Chaque nouvelle journée s'annonce comme un éternel recommencement, même si le journal dans lequel elle consigne ses souvenirs lui fait gagner un peu de temps chaque matin.
Qui est-elle ? Où vit-elle ? Pourquoi a-t-elle été agressée ? Autant de questions auxquelles Charlie tentera désespérément de répondre, se heurtant au mutisme de certains collègues et à un proche qui n'en a pas fini avec leur histoire...


" Voilà ce qui la déstabilisait aujourd'hui, elle ne fonctionnait pas à l'affect. Elle avait l'impression d'un parcours d'obstacles.
La solitude est meurtrière, pensa-t-elle, parce qu'on finit par oublier qu'on est vivant.
Elle tenta de se remémorer la demeure de ses parents, mais aucune image ne lui vint, si ce n'est un décor fantasmé.
Elle ne se souvenait pas de s'être fâchée avec son père, ni ne ressentait la cicatrice de son absence.
Orpheline sans trauma. Et si cet accident était une bénédiction, l'occasion de se racheter, d'effacer l'ancienne Charlie Longe ?
Elle en vint à craindre de retrouver un jour la mémoire et la personnalité qui va avec.
Elle en vint même à prier que ce jour soit une nouvelle naissance. On gomme tout et on recommence, l'apprentissage des sentiments, les règles de socialisation.
On réapprend à aimer, tolérer, comprendre, pardonner. Mais avec qui ? Elle avait apparemment fait le vide autour d'elle.
Elle n'avait plus personne à aimer, plus rien à pardonner. Mauvaise idée. Remonter le fil, creuser profond, chercher et chercher encore." p.79

Tout le monde se souvient probablement de l'excellent "Un jour sans fin" (l'auteure y fait d'ailleurs allusion) qui mettait en scène un Bill Murray condamné à revivre la même journée à l'identique. Ou presque car il conservait néanmoins la mémoire des jours précédents, ayant ainsi la possibilité d'influencer le cours des journées suivantes.
Charlie, elle, ne peut compter que sur son journal, bien que celui-ci lui joue parfois de mauvais tours.
"Souviens-toi de demain" étant un thriller psychologique, vous vous doutez bien que tout le monde ne souhaite pas venir en aide à Charlie.
En parallèle à sa quête personnelle, nous suivons donc le quotidien d'un homme sans scrupules qui met tout en oeuvre pour exploiter son amnésie (ce qui est quand même bien crapuleux).
Charlie, du fait de sa perte de mémoire et de son manque de repères, s'avère être une proie facile et manipulable à souhait.
A-t-elle encore une place dans le monde ? A qui peut-elle faire confiance ?
Perdue, elle ne sait pas vraiment vers qui se tourner d'autant qu'elle ne peut même pas compter sur elle-même.
J'ai sincèrement eu pitié de cette femme qui nage en pleine confusion et je l'ai trouvée assez crédible dans ses réactions.
A quelques exceptions près. J'aurais notamment pris beaucoup plus de notes ou essayé, à l'aide d'une carafe de Redbull, de passer une nuit sans sommeil histoire de tester ma mémoire (il me semble que le personnage joué par Bill Murray tentait le coup).
La problématique de ce qu'on appelle la mémoire antérograde (amnésie à court terme) aurait pu selon moi être un peu plus approfondie.

Les circonstances de l'agression de Charlie sont connues dès les premières pages ce qui, loin de nous gâcher le suspense, installe d'emblée une tension qui ne retombera pas.
"Souviens-toi de demain" fait l'effet d'un long cauchemar éveillé. Un rendu accentué par des chapitres courts qui incitent à ne pas lâcher le livre, un rythme soutenu (sans être infernal) et un style simple mais efficace.
Bien que le sujet de la perte de mémoire soit un thème over-exploité dans ce type de thriller, j'ai trouvé cette lecture assez prenante, machiavélique et énervante comme j'aime, et qui se conclut par une fin qui aurait toutefois pu se passer de l'épilogue.
Un thriller parfait pour l'été qui m'a fait penser à du Pierre Lemaître (en moins tarabiscoté que "Robe de marié").

Je remercie les éditions Calmann-Lévy de m'avoir envoyé ce roman.




25 février 2014

La 37ème heure - Jodi Compton


Publié en 2008, "La 37ème heure" est le premier roman de l'écrivaine américaine Jodi Compton. 
Il est suivi de "Les jeux sont faits", second tome consacré aux enquêtes de l'inspecteur Sarah Pribek.

De retour de sa visite chez Geneviève, amie et ancienne co-équipière qui ne parvient pas à se remettre de l'assassinat de sa fille, Sarah manque de peu son mari Shiloh, qu'elle pense parti à une formation de quatre mois au FBI.
Mais au bout de 36 heures sans nouvelles, Sarah apprend que Shiloh n'est jamais arrivé à destination et découvre sa valise sous leur lit.
Spécialisée dans les affaires de disparitions, la jeune épouse enfile sa casquette de flic pour retrouver son mari...

Sarah aimerait pouvoir compter sur l'aide de Geneviève dans son enquête mais son amie reste plongée dans son mutisme, obsédée par l'assassin présumé de sa fille, relâché faute de preuves et qu'elle fait surveiller.
C'est donc seule que Sarah quitte Minneapolis pour se rendre en Utah et rencontrer la famille de Shiloh avec laquelle il n'a pour ainsi dire plus de contacts depuis plusieurs années.
Bien que mariés depuis deux mois à peine, Sarah et Shiloh se fréquentent depuis 5 ans mais il ne s'est jamais montré très loquace concernant les raisons qui l'ont poussé à quitter l'Utah.
Au fil de son enquête, Sarah va réaliser combien son mari a omis de lui raconter certains pans de sa vie.
Epouse, flic, les deux personnages se confondent grâce à l'habileté de l'auteure à jouer en permanence sur les deux tableaux, entre les entretiens menés par Sarah et les nombreuses interrogations posées à elle-même.
Même si elle s'inquiète pour Shiloh, elle est une femme forte qui ne cède pas à la panique tout en ayant quelques faiblesses qui la rendent attachante.

J'ai essayé de lire ce premier tome en gardant en tête que certains éléments jetés entre la poire et la fromage (je pense notamment à la révélation dans le rêve de Sarah pour ceux qui ont lu le livre) sont probablement développés dans le second tome ou le seront à un moment ou un autre.
Jodi Compton semble aimer mettre son lecteur sur de fausses pistes en appuyant sur l'un ou l'autre fait troublant.
Je dois dire que l'intrigue de ce roman est bien menée et que le dénouement m'a surprise. J'ai aimé le personnage de Sarah bien que dans le fond je ne lui ai rien trouvé de bien original (les flics ont quand même toujours les mêmes vices...).
Sans crier au chef d'oeuvre, je peux dire que ce roman policier d'un genre plutôt classique m'a fait passer un bon moment.

Merci aux Editions des Deux Terres de m'avoir proposé cet ebook.


                                                    

24 septembre 2013

Fiançailles - Chloé Hooper




En librairie depuis le 12 septembre, "Fiançailles" est un roman de l'écrivaine australienne Chloé Hooper, également auteure de "Grand homme" et "Un vrai crime pour livre d'enfant".

Autrefois architecte à Londres où elle a accumulé un certain nombre de dettes, Liese Campbell vit à présent à Melbourne, travaillant pour son oncle agent immobilier.
Elle fait la rencontre d'Alexander Colquhoun, riche propriétaire terrien qui cherche un appartement.
Au fil de leurs rendez-vous, Liese et Alexander entament une liaison...rémunérée, l'occasion idéale pour Liese de rembourser ses dettes et quitter l'Australie.
Juste avant son départ, Alexander lui propose une coquette somme d'argent en échange d'un weekend passé avec lui dans sa ferme du bush.
Autant dire que Liese est loin de soupçonner ce qui l'attend...

" Un froid glacial m'envahit. Je l'avais invité dans ma pièce la plus intime. Une fois dedans, il s'était emparé de mon fantasme et l'avait complètement désarticulé.
Jusqu'à ce que, par le plus grand, le plus improbable des hasards, je comprenne que je m'étais échouée dans un endroit froid, humide, inconnu.
J'étais dans la pièce qui se trouvait à l'intérieur de sa tête à lui et il avait fermé la porte à clé." p.149


Durant quatre mois, Liese et Alexander ont prétexté une recherche d'appartement pour se voir régulièrement et assouvir leurs fantasmes dans des appartements de location.
Et pour pimenter encore plus les choses, tous deux s'adonnent à un jeu de rôles façon "Pretty Woman", elle s'improvisant prostituée issue des bas fonds et lui, riche chevalier l'arrachant à une vie de misère.
A ce jeu-là, ils se révèlent plutôt mauvais acteurs. Liese n'ayant jamais versé dans la prostitution avant lui et Alexander affichant une curiosité timide, comme si il n'assumait pas vraiment leur relation.
La situation prend rapidement une autre tournure lorsque Liese le rejoint dans sa ferme.
Non seulement le décor se veut des plus austères et des plus glauques mais en plus, contrairement à Liese qui s'évertue à conserver son rôle, Alexander commence à se détacher du sien.
Il semblerait que, loin de la considérer comme une vulgaire prostituée, Alexander se soit réellement entiché d'elle et ait envie de la connaître. Au point de se montrer très intrusif et beaucoup plus sûr de lui, ce qui n'est pas vraiment du goût de Liese.

Et là on s'imagine déjà tomber dans un de ces thrillers au scénario vu et revu. Un huis-clos oppressant mettant en scène Liese séquestrée dans une ferme sinistre au milieu de nulle part par un psychopathe qui va lui en faire baver.
Il faut dire que tout vise à encourager le lecteur dans cette voie : l'ambiance malsaine dont est imprégné tout le roman, le comportement de plus en plus bizarre d'Alexander et une série de détails troublants qui s'accumulent.
Et pourtant...les choses ne vont pas se dérouler comme prévu. L'auteure affectionne vraisemblablement les twists et autres procédés censés embrouiller le lecteur.
Arrivée à la dernière page, je ne savais pas trop quoi penser et j'ai même relu les pages de fin pour m'assurer que je n'avais pas loupé quelques détails en passant.
Au final, les personnalités des deux héros demeurent insaisissables et je me demande encore où se trouvait la limite entre jeu et réalité, à supposer qu'il y en ait une...
De la façon dont je l'ai compris, tout ça m'a semblé trop tiré par les cheveux mais comme vous le voyez, je reste perplexe. Je ne me verrais donc pas vous recommander ou vous déconseiller ce roman.
Si un lecteur passe par ici, je serais curieuse de connaître sa version de l'histoire :)


Je remercie la librairie Dialogues de m'avoir envoyé ce livre.


4 juillet 2013

Donne-moi ton coeur - James Hayman


Publié aux USA en 2009, "Donne-moi ton coeur" est le premier roman de l'écrivain américain James Hayman. Traduit en français une première fois sous le titre "L'Ecorcheur de Portland", ce roman est à nouveau disponible en librairie depuis le 12 juin dernier.

2005 - Portland. L'inspecteur McCabe de la brigade criminelle enquête avec sa partenaire Maggie Savage sur le cas de Katie Dubois, une adolescente victime d'abus sexuels, retrouvée sans vie et...sans coeur.
Une opération d'une telle précision chirurgicale que les soupçons se tournent rapidement vers certaines figures haut placées du monde médical.
Au même moment, Lucinda Cassindy, en plein jogging matinal, se fait interpeller par un coureur mal intentionné...
La jeune femme serait-elle la prochaine victime de l'écorcheur ?

Sans avoir détesté ce roman, je déplore malheureusement ses aspects trop convenus. J'ai trouvé le personnage de l'inspecteur McCabe (à chaque fois je lisais "macchabée" ^^) très classique : un père divorcé porté sur l'alcool, qui élève seul sa fille et tient tête à sa hiérarchie,...
L'intrigue se laisse lire mais ne réserve pas grande surprise tant on sent les choses et les gens arriver.
Quelques pages nous informent de la séquestration de Lucinda mais ces évocations sont tellement rares et superficielles que les amateurs de thrillers resteront certainement sur leur faim...
Je nourrissais tout de même l'espoir que l'auteur nous éclaire sur la psychologie de l'écorcheur mais même sur ce point, je me suis heurtée à un manque de subtilité et de profondeur. Le prologue nous donne un aperçu de son penchant sadique (on ne le répétera jamais assez mais les animaux ont toujours la vie dure dans les thrillers ^^) mais au final, je n'ai pas vraiment saisi son mobile...

Bref, si vous aimez les intrigues bien ficelées et tirées par les cheveux, les rebondissements et les frissons, passez votre tour car ce polar est pour le moins conventionnel.


Je remercie néanmoins Audrey de LP Conseils et les éditions de m'avoir envoyé ce livre.




30 juin 2013

Non-stop - Frédéric Mars



Publié en 2011, "Non-stop" est un roman de l'écrivain français Frédéric Mars, également auteur des romans "Le livre du mal", "L'amour est une femme", "Les Ecriveurs", "Son parfum" et plus récemment de "Le manuel du serial-killer".

9 septembre 2012. Dans un New-York qui renaît à peine de ses cendres et se prépare à l'inauguration de la Tour de la Liberté, voilà que la panique règne à nouveau lorsqu'une violente déflagration fait rage au coeur d'une station de métro.
Une vague d'attentats sévit progressivement dans des lieux publics dispersés dans toutes les villes du pays. Les responsables ? Des citoyens américains ordinaires, équipés d'un pacemaker piégé qui explose au moment où ceux-ci s'arrêtent de marcher.
Tous les services de police travaillent de concert, avec pour chefs de file l'agent du NYPD Sam Pollack et Liz McGeary qui coordonne l'enquête au niveau national.
Comment parviendront-ils à arrêter ces "marcheurs de la mort", à la fois cibles et armes d'un ennemi invisible ?

J'avais gagné ce roman lors d'un concours chez Liliba (encore merci m'dame !) mais comme d'habitude, devant l'engouement général, je repoussais sans cesse ma lecture de ce roman.
Il faut dire que le résumé de ce roman m'a longtemps fait hésiter à cause de sa ressemblance avec le (mauvais) film "Crank" ("Hyper Tension" en français). Il y est question d'un tueur à gages empoisonné et forcé de maintenir un taux élevé d'adrénaline pour survivre.
Comme annoncé, "Non-stop" s'inscrit bien dans le genre de la série "24h Chrono". Chapitres courts et titrés comme dans les séries télé. Rythme effrené et tension continue. Ecriture sèche et haletante. Sans compter le personnage de Sam Pollack qui n'a rien à envier à l'endurance d'un Jack Bauer.
Rien ne peut le détourner de sa mission. Et même lorsque sa fille se trouve en danger, Sam Pollack conserve toute l'étoffe du héros national (sans manger et sans dormir pendant 72 heures, cela va sans dire).
Sam Pollack n'est pas le genre d'homme à attendre sans rien faire. Mais tout de même, j'ai trouvé que l'auteur expédiait un peu trop rapidement le dilemme entre le flic et le père de famille.
J'ai trouvé cela dommage car l'on sent bien que l'auteur a réellement voulu ménager une large place à la dimension humaine dans son roman. Plusieurs chapitres sont ainsi consacrés aux réactions populaires, dictées par l'instinct de survie. qu'il s'agisse de certains marcheurs condamnés ou des non-concernés qui tirent salement profit de la situation.
Le portrait du président Cooper (premier président noir, démocrate, successeur de Bush, autant dire un Obama à peine déguisé) laisse également entrevoir un homme avant tout soucieux de son pays. Un portrait des plus séduisants mais pas forcément toujours crédible...

Du reste, le point fort de ce roman réside sans aucun doute dans sa documentation étayée. Les descriptions des lieux publics et des rues new-yorkaises apparaissent plus vraies que natures. J'ai appris pas mal de choses sur les procédures et dispositifs américains post-11 septembre ainsi que sur les enjeux géostratégiques complexes liant les USA au Moyen-Orient.
Je ne peux que saluer le travail de fond de l'auteur (français de surcroît).

S'agissant de l'histoire en elle-même, malgré un rythme soutenu, celle-ci m'est apparue longuette et sans réelle surprise, ponctuée par une fin qui selon moi manquait de quelques explications.
Un roman à la sauce US que pour ma part je situerais un cran au-dessus d'un film d'action avec Denzel Washington...


"Ainsi en allait-il de l'opinion dans un pays aussi métissé: contradictoire, aveugle quand cela l'arrangeait, et si volontiers volatile. Quatre-vingt-un pour cent des Américains estimaient que le 11 Septembre était l'événement le plus marquant de leur existence. La plupart d'entre eux assimilaient ce drame à l'islam, à tort, cela va sans dire.
Et pourtant c'est une musulmane, Rima Fakih, que leur vote populaire et souverain avait élu Miss America en 2010. La première reine de beauté arabe des Etats-Unis.
C'est avec ce tissu de courants opposés, de haines tenaces et de fantasmes, de peurs absurdes et de menaces parfois bien réelles, que les politiques devaient composer." p.468


"Non-stop" était une lecture commune avec Géraldine dont je file découvrir le billet !

D'autres avis : Liliba - Sandrine - Argali - Mango - Alex - Hérisson - Stephie



6 juin 2013

Comme ton ombre - Elizabeth Haynes


Publié en Angleterre en 2011 et traduit en français la même année, "Comme ton ombre" est le premier roman de l'écrivaine britannique Elizabeth Haynes.

"Comme ton ombre" entrecroise les parcours de deux femmes singulièrement différentes.
L'une, avenante et très à l'aise en société, passe tout son temps libre avec sa meilleure amie, à sortir en boîte de nuit pour finir saoule et toujours accompagnée d'un bel homme.
Sa rencontre avec le séduisant Lee lui fait dire que sa vie de débauche pourrait bien être derrière elle.
L'autre se retranche le plus possible dans son appartement, souffrant d'un sentiment d'insécurité tel qu'elle développe d'importants TOC qui la poussent à vérifier plusieurs fois portes et fenêtres, à ne faire des courses que les jours pairs, à changer de chemin tous les jours pour s'assurer de ne pas être suivie.
Elle ne déroge jamais à ses rituels qui, loin de s'avérer contraignants, la rassurent pour un temps.
Bien qu'opposées, ces deux jeunes femmes ont pourtant bien des choses en commun...

Après ma double déconvenue avec Karin Slaughter, j'avais besoin d'un thriller, un vrai ! Et on peut dire que j'ai été servie...
Contrairement à d'autres lecteurs, j'ai rapidement vu les choses venir. Mais ce n'est pas pour autant que je me suis ennuyée, loin de là.
J'ai vraiment apprécié la structure de ce roman, la façon dont les parcours de ces deux femmes se répondent d'une certaine manière. Sans trop en dire, il est question ici à la fois de troubles obsessionnels compulsifs (les fondements, les manifestations), de manipulation et de violence conjugale; trois thèmes que j'ai trouvé fort bien décryptés ici.
En marge de la fine analyse psychologique déployée par l'auteure, il règne une ambiance particulièrement stressante dans ce thriller. De quoi vous rendre parano... Plusieurs fois, je me suis surprise à vérifier que j'avais bien tourné 4 fois la clé dans la serrure de ma porte blindée.
Seul petit bémol pour ma part : le personnage de Stuart, voisin et psy que j'ai trouvé trop insistant et autoritaire.

Bien que je savais que j'approchais lentement d'un certain moment fatidique de l'histoire, je progressais dans ma lecture avec appréhension.
Non par ennui, mais pour que le cauchemar du personnage principal puisse prendre fin d'une façon ou d'une autre.
Je rejoins l'avis de Clara pour ce qui est de la comparaison avec "Robe de marié" de Pierre Lemaître, même si j'ai trouvé ce thriller-ci moins abracadabrant (un point de plus pour "Comme ton ombre"). 

Un bon thriller flippant à lire seule dans le noir (seulement si vous n'avez peur de rien et que vous êtes armée jusqu'aux dents ^^).


D'autres avis : Val - Clara - Mango - Liliba - Canel



4 juin 2013

Cercueils sur mesure - Truman Capote



Publié en 1975 et traduit en français en 1982, "Cercueils sur mesure" est un récit - extrait du recueil "Musique pour caméléons" - de l'écrivain américain Truman Capote, particulièrement connu pour ses romans "De sang froid" et "Petit déjeuner chez Tiffany".

T.C rend visite à un vieil ami, Jake Pepper, détective pour le State Bureau of Investigation, qui enquête depuis plusieurs années sur une série de meurtres étranges.
Avant de mourir dans de tragiques circonstances (morsures de crotales, décapitation, noyade, absorption de nicotine liquide,...), toutes les victimes ont reçu un cercueil miniature en bois dans lequel reposait une photo d'elles qu'elles ne connaissaient pas.
A l'évidence, Jake Pepper persiste à croire que le coupable se trouve être Bob Quinn, riche propriétaire terrien qui s'est vu contraint, contre son gré, de partager la rivière qui traverse son ranch avec ses voisins fermiers.
Et comme par hasard, toutes les victimes faisaient partie de la commission ayant voté cette décision...

Piqué d'intérêt par l'obsession de son ami, T.C passe du temps en sa compagnie, tandis que celui-ci continue de chercher des indices attestant de l'évidente culpabilité de Bob Quinn.
Sous-titré "Récit véridique non romancé d'un crime américain", "Cercueils sur mesure" donne à réfléchir quant à la part fictionnelle du récit, d'autant que T.C, le narrateur, laisse aisément penser à l'auteur lui-même et que certaines parties du récit font penser à des notes prises au fil du temps.
Beaucoup d'échanges ont lieu entre les deux amis, de nombreuses questions sont soulevées, les hasards s'accumulent mais...s'agissant de l'enquête, le doute subsistera jusqu'au bout.
J'ai senti tout du long une certaine réserve de la part de T.C qui tente sans doute de conserver une certaine objectivité là où son ami s'acharne à vouloir coincer le coupable. Il y a même une certaine connivence qui s'installe entre lui et le présumé coupable.

J'ai refermé ce petit récit avec un mélange de contentement et d'insatisfaction. J'ai beaucoup apprécié le style clair de l'auteur, la façon dont il parvient à piquer rapidement l'intérêt du lecteur, le soin apporté dans la caractérisation de chacun de ses personnages.
Mais bon sang cette fin ou plutôt cette non-fin !


D'autres avis : Lili Galipette - Manu - Soukee


 

19 mai 2013

Broken - Karin Slaughter


Publié aux USA en 2012 et traduit en français cette année, "Broken" est un roman de l'écrivaine américaine Karin Slaughter. Elle est l'auteure de 6 romans regroupés sous le cycle "Grant County" et consacré aux enquêtes de Sara Linton, ainsi que de 3 romans appartenant à la série "Atlanta" dont le héros est l'inspecteur Will Trent.
Après "Genesis" qui avait signé une première rencontre entre les deux héros, "Broken" les réunit à nouveau.
Cette fois, Sara Linton, de retour à Grant County pour passer un peu de temps en famille, apprend le suicide de Tommy, un jeune déficient mental qui venait de confesser en cellule le meurtre d'Alicia Cooper.
Sara, qui a autrefois bien connu le jeune garçon, doute de sa culpabilité et demande à Will de faire toute la lumière sur cette affaire comme sur les agissements des deux inspecteurs qui ont appréhendé et placé Tommy en cellule.

Autant dire que la police locale n'apprécie pas vraiment que le GBI vienne mettre son nez dans une affaire qu'elle estime classée.
Il était déjà question de conflits entre flics et fédéraux dans "Genesis" ("C'est mon affaire !" Na c'est la mienne" et pendant ce temps-là, le psychopathe court toujours...) sauf qu'ici, la guéguerre des polices se trouve être au coeur du roman.
Un inspecteur chef alcoolique (comme c'est étonnant) et une co-équipière pas nette non plus sont rapidement tourmentés par les découvertes de Will Trent.
Et voilà que l'ex petit-ami d'Alicia Cooper est sauvagement assassiné dans son appartement.
Quel peut bien être le lien entre ces 2 affaires ? Et que dissimulent les deux agents de police de Grant County ?
Si "Genesis" m'avait moyennement plu, je l'ai tout de même largement préféré à celui-ci...
Dans le premier, j'avais aimé découvrir les personnalités et le passif de Sara et Will mais je n'ai malheureusement strictement rien appris sur eux dans "Broken" (on fait équipe et puis chacun rentre chez soi, merci au revoir).
J'ai trouvé l'intrigue très pépère et ennuyeuse et, hormis quelques passages plus haletants sur la fin, j'ai plutôt eu l'impression de lire un policier classique qu'un thriller.
Je n'ai pas du tout vu venir la fin, ce qui est parfois une bonne chose sauf que dans ce cas-ci, le dénouement est tombé comme un cheveu dans la soupe.

Je remercie néanmoins les éditions  de m'avoir envoyé ce livre.

L'avis de Clara





17 mai 2013

Genesis - Karin Slaughter

Publié aux USA en 2009 et traduit en français en 2012, "Genesis" est le 9ème roman de l'écrivaine américaine Karin Slaughter. Elle est l'auteure de 6 romans regroupés sous le cycle "Grant County" et consacré aux enquêtes de Sara Linton, ainsi que de 3 romans appartenant à la série "Atlanta" dont le héros est l'inspecteur Will Trent.
"Genesis" est le dernier tome paru au sein de cette série et signe la rencontre entre les deux héros principaux de la romancière : Sara Linton, pediatre et médecin légiste qui, après la mort de son mari, a quitté Grant County pour s'installer à Atlanta et devenir medecin urgentiste, et Will Trent, l'un des meilleurs enquêteurs du Georgia Bureau of Investigation.

Judith et Henry Coldfield roulent vers le centre d'Atlanta lorsque leur voiture percute violemment une femme nue sortie de nulle part.
La victime est conduite aux urgences et confiée à Sara Linton qui constate que la jeune femme présente de nombreuses contusions et brûlures qui donnent à penser que celle-ci a été torturée pendant une longue période.
Qui plus est, on semble lui avoir arraché la 11ème côte...
L'inspecteur Will Trent, déjà sur place alors qu'il accompagnait sa coéquipière victime d'un malaise, prend l'affaire en charge et découvre qu'"Anna" n'est sans doute que la première proie d'un tueur en série particulièrement cruel...

Je ne connaissais pas du tout Karin Slaughter. Aussi, quand le Livre de Poche et les éditions Grasset m'ont proposé un double partenariat visant à découvrir cette auteure, je me suis dit que c'était là une double occasion de faire connaissance.
J'ai donc reçu "Genesis" et "Broken" dont je vous parlerai dans mon prochain billet.

Pour commencer, je peux vous dire qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu les aventures de Sara Linton ou de Will Trent pour connaître ces personnages puisque l'auteure en dresse ici les portraits en cours de route.
Malgré que 3 ans se soient écoulés depuis la mort de son mari, Sara Linton reste encore très affectée par sa disparition et n'a pas vraiment réussi à tourner la page. Son quotidien se résume à se noyer dans le travail en enchaînant les tours de garde à l'hôpital.
Will Trent est un personnage qui m'a d'emblée semblé sympathique : un inspecteur peu loquace du genre qu'on ne voit pas arriver, très malin pour ce qui est de résoudre des enquêtes mais décidément mal à l'aise avec les femmes. Manque de bol pour lui, il est entouré de caractères forts ! Attendez-vous à croiser ici beaucoup de personnages féminins d'une dureté peu commune.
Faith Mitchell, sa co-équipière, n'a pas la langue dans sa poche mais lui est d'une aide inestimable, particulièrement lorsque Will se trouve en présence d'indices écrits.  Heu...oui c'est la première fois que j'entends parler d'un flic dyslexique et je dois dire que cette caractéristique m'a plutôt laissée perplexe.
Même si son épouse se charge de la paperasse et qu'il est aidé par sa co-équipière, comment fait-il pour rédiger ses rapports d'enquête ? Je vois mal comment il a pu réussir à cacher sa dyslexie durant si longtemps...

Sara, Will et Faith possèdent chacun leur part d'ombre, un talon d'Achille qui ajoute une dimension humaine non négligeable à leur métier.
De nombreux passages y sont consacrés, ce qui explique le volume assez conséquent de ce thriller (662 pages) dont l'enquête ne s'étale pourtant que sur 4 jours.
Si je soupçonnais que les métiers de flic et de médecin urgentiste devaient être éreintants, j'ai trouvé que l'auteure poussait ici le bouchon un peu trop loin (il faut quand même bien qu'ils dorment de temps en temps !).

S'agissant de l'intrigue en elle-même, je l'ai trouvée bien ficelée, menée par une écriture efficace, mais malheureusement bien trop longue au démarrage parce que ralentie par les soucis personnels des 3 personnages principaux et les "mises au point" un peu trop nombreuses (comme si l'auteure s'adressait au lecteur en lui disant : "Bon alors, vous me suivez toujours ?).
Autre bémol : un manque d'explication quant aux motivations du coupable (pourquoi les victimes vont-elles par paire ?)
Après lecture, je trouve aussi que le titre français met un peu trop le lecteur sur la piste.
Je ne ressors pas complètement déçue de cette lecture mais bon j'ai clairement lu mieux...

D'autres avis : Asphodèle - Clara

Merci aux éditions de m'avoir offert ce livre.






28 mars 2013

Le voleur de regards - Sebastian Fitzek


Publié en Allemagne en 2010 et disponible en français depuis le 6 mars, "Le voleur de regards" est le cinquième roman, après "Thérapie", " Ne les crois pas !", "Tu ne te souviendras pas" et "Le Briseur d'âmes", de l'écrivain allemand Sebastian Fitzek.

Alexander Zorbach se souvient encore précisément de cet instant en haut du pont avec Angélique, une déficiente mentale menaçant de mettre fin à ses jours et tenant dans ses bras le petit Tim, enlevé à ses parents, qu'elle pensait être son bébé.
Ce jour-là, seuls Tim et Alexander rentreront sains et saufs mais le doute (les choses auraient-elles pu tourner autrement ?) ne cessera de poursuivre le policier au point de lui coûter son job et sa famille.
Sept ans plus tard, devenu journaliste d'investigation judiciaire, Alexander apprend que le Voleur de regards vient de faire sa quatrième victime.
Jusqu'ici 4 femmes, toutes mères de famille, ont été retrouvées asphyxiées à leur domicile, tenant entre leurs doigts un chronomètre laissant à leur mari 45 heures et 7 minutes pour retrouver leur enfant kidnappé.
A la recherche du petit Tobias Traunstein, Alexander est aussi le premier suspect de ses anciens collègues car plusieurs indices renvoient directement à lui...
En cavale, il rencontre Alina Gregoriev, une physiothérapeute aveugle qui prétend avoir eu une vision au contact du Voleur de regards...

A nouveau, Sebastian Fitzek tente de "dissuader" les curieux qui oseraient s'aventurer entre les lignes, ce qui provoque naturellement tout l'effet contraire :)
Comme dans "Le Briseur d'âmes", il est encore question ici d'un chrono (et donc d'une écriture au rythme soutenu) mais un peu plus particulier puisqu'il s'agit d'un compte à rebours.
J'ai néanmoins largement préféré ce roman-ci, mieux construit, mieux dosé, plus creusé mais moins tarabiscoté et pourtant plus efficace.

Le chapitrage à rebours est assez déconcertant de prime abord mais se justifie totalement puisque le lecteur progresse au rythme du chrono imposé par le Voleur de regards. On peut même dire que la notion de temps revêt ici une importance capitale.
C'est une vraie course contre la montre qui s'engage pour Alexander, accompagné par Alina Gregoriev qui au fil des heures lui fournit de précieux indices.
J'ai freiné des 4 fers en apprenant le don de cette jeune femme : l'ésotérisme et moi ça fait 4 et je trouve que certains auteurs y recourent trop facilement pour faire passer des choses qu'ils ne pourraient justifier autrement.
J'ai été agréablement surprise par la crédibilité de son personnage, par sa consistance (son humour aussi, son chien s'appelant TomTom...) et par les nombreux passages consacrés au quotidien des mal-voyants dont on apprend beaucoup de choses dans ce roman.
Les autres personnages ne sont pas en reste : tous se voient auréolés d'un passé trouble et autant de failles éclairées par une fine analyse psychologique.

Un autre point fort de ce roman : l'alternance de points de vue entre Alexander, son assistant Frank, Alina, le petit Tobias (même si je l'ai trouvé un peu trop futé et courageux pour ses 9 ans), le capitaine Stoya et...le Voleur de regards.
Ce dernier est assurément un joueur dont les ultimatums convergent vers un but précis. Si sa démarche n'est pas des plus originales (je l'ai déjà rencontrée dans un film voire même une série de films), son mobile est assez surprenant (et barré).
La question de son identité était pour moi secondaire (je crois qu'il était possible de la deviner). A partir du moment où je connaissais ses intentions, je me demandais surtout comment tout cela allait finir (Alexander et Alina arriveront-ils à temps pour sauver Tobias ?) et là...paf...voilà que la dernière ligne, implacable, cauchemardesque, bouleverse tout pour déboucher sur une fin ouverte.
Le genre de fin qui m'a poussée à ré-examiner les détails disséminés au fil des pages (et m'a fait remercier le ciel de ne pas avoir d'enfants...).
Sebastian Fitzek, dans son épilogue, a évoqué la possibilité, pas forcément d'une suite, de recourir à nouveau aux personnages d'Alexander Zorbach et d'Alina Gregoriev.
Je serais ravie de côtoyer à nouveau ces deux personnages et j'invite chaudement les amateurs de suspense psychologique haletant et tous ceux qui ont les nerfs solides à les découvrir à leur tour :)



 Je remercie Julie Massault et les éditions de m'avoir envoyé ce livre.




22 mars 2013

Les Apparences - Gillian Flynn (livre audio)


Publié en 2012, "Les Apparences" est le 3ème roman, après "Sur ma peau" et " Les lieux sombres" de l'écrivaine américaine Gillian Flynn.

Suite à la perte de leurs jobs respectifs et à l'annonce du cancer de Maureen Dunne, son fils Nick et sa femme Amy renoncent à l'effervescence new-yorkaise pour rejoindre Carthage, petite ville paisible du Missouri où Nick a grandi.
Grâce au soutien financier d'Amy, Nick ouvre bientôt un bar avec sa soeur jumelle Margaux.
Quelques années après, alors que Nick rejoint sa femme à la maison pour fêter leurs 5 années de mariage, il découvre leur salon sens dessus-dessous et des indices attestant d'un départ précipité.
Mais avant de disparaître, Amy avait néanmoins eu le temps d'organiser sa chasse aux trésors annuelle, une coutume instaurée par elle pour leur permettre de se remémorer les instants phares de leur vie de couple heureuse.
Très vite, les recherches s'organisent. Mais tandis que les voisins, la presse et la police voient en lui le suspect idéal, Nick est bien décidé à entamer la chasse aux trésors qui lui permettra peut-être de retrouver Amy...

Comment réussir le pari de vous donner envie de vous précipiter en librairie pour vous procurer ce roman sans en déflorer l'intrigue ?
Thriller psychologique, "Les Apparences" se partage entre le récit de Nick, qui prend place le jour de la disparition de sa femme, et le journal d'Amy, qui débute au moment de leur rencontre en 2005 et s'étale sur plusieurs années jusqu'au "jour où".
D'un naturel réservé et peu enclin à afficher ses émotions, Nick ne semble pas très affecté par la disparition de sa femme et se montre nerveux en répondant aux premières questions de la police.
Il doit bien reconnaître au fond de lui que son couple traversait un cap difficile, qu'Amy ne ressemblait plus en rien à la femme drôle et cool dont il était tombé amoureux mais lui faisait à présent l'effet d'une femme amère, cassante, autoritaire, toujours en colère contre lui.
Au centre d'une série de livres à succès intitulée "L'épatante Amy" dont les auteurs ne sont autres que ses parents, Amy a toujours éprouvé ce besoin de se montrer compétitive, de briller dans tout ce qu'elle entreprenait, attisant la jalousie des femmes et le désir des hommes. Nick a fini par ne plus se sentir à la hauteur, d'autant qu'Amy ne lui a jamais pardonné leur installation dans le Missouri et la mentalité du Midwest qu'elle est forcée d'endurer chaque jour.
Chacun se sent déçu, trahi par l'autre et au fil des pages, on se rend compte à quel point ce couple était loin d'être heureux...

"Les Apparences" est une vraie bombe à retardement qui véhicule une vision glaçante voire accablante du couple et particulièrement des dérives de l'orgueil démesuré, extrême. Manipulation, mensonges, retournements de situation, cruauté, perversion. Une écriture plus qu'efficace, une construction impeccable (les différents éléments de l'intrigue sont savamment distillés) qui s'appuie sur une analyse psychologique aiguisée et pénétrante. Ce sentiment d'un conflit permanent entre le vrai et faux qui vous envahit pour ne plus vous lâcher avant la fin.
Des personnages multi-facettes dont les personnalités ambigües sont parfaitement bien rendues au travers des voix d'Odile Cohen et Julien Chatelet.

En toile de fond, le reflet d'une Amérique voyeuriste et obsédée par son image. La surmédiatisation incessante des affaires criminelles, l'intimité volée et l'exploitation écoeurante des proches au service de l'"infotainment".
Je peux vous dire que vous ne serez pas au bout de vos surprises avec ce roman de pure folie, aussi brillant que profondément malsain !
Un vrai coup de coeur que je ne peux que vous recommander !



D'autres avis : Clara - Canel - Theoma - Stephie - Ys - Alex

MERCI à de m'avoir envoyé ce livre audio !


13 mars 2013

Fleurs sanglantes - Colleen McCullough


Publié aux USA en 2010 et disponible en français depuis juillet 2012, "Fleurs sanglantes" est le troisième volet, après "Corps manquants" et "Douze de trop", des enquêtes policières mettant en scène le capitaine Carmine Delmonico.
L'australienne Colleen McCullough est notamment célèbre pour ses romans "Les oiseaux se cachent pour mourir" et "Tim".

Dans "Fleurs sanglantes" (dont la signification du titre ne sera dévoilée que dans les toutes dernières lignes...), vous n'assisterez pas moins qu'à une série de viols perpétrés par un homme qui s'est lui-même surnommé "Didus Ineptus" (ancien nom scientifique pour qualifier le Dodo, oiseau disparu depuis plusieurs siècles), à un braquage de banque, à de multiples effractions dans un magasin d'objets en verre, à la découverte d'une cache d'armes dans une école ou encore au kidnapping d'un éminent scientifique allemand.
Le rapport entre toutes ces affaires ? Cherchez pas...

Sans être une accro aux thrillers, j'aime me faire peur de temps à autre. Je sais que dans mon cas, l'intrigue, les rebondissements (pour autant qu'ils soient bien dosés et pas expédiés dans les 10 dernières pages), la psychologie des personnages, les frissons suscités ont bien plus d'importance que l'écriture dont je n'attends finalement pas grand chose (il faut dire ce qui est, c'est quand même jamais du Balzac hein...).
Si vous avez l'intention de découvrir ce livre, sachez qu'il peut tout à fait se lire indépendamment des deux précédents volets.

"Fleurs sanglantes" démarre plutôt en force avec une scène de viol pas piquée des vers. Evidemment, l'effet de choc passé, on voudrait en savoir davantage sur la personnalité du bonhomme, ses antécédents, son mobile, son profil de victimes,...
Sauf que...on tourne les pages désespérément, d'abord surpris puis dépité par la succession d'enquêtes connexes. Peut-être que toutes ces affaires finiront par se relier d'une manière ou d'une autre ?
Pour faire languir encore un peu plus le lecteur, de (trop) longues pages sont aussi consacrées à la popote interne du service de police local.
J'avoue que les problèmes administratifs et conjugaux des uns et des autres ne m'ont que très peu intéressée (d'autant que les dialogues entre Delmonico et sa fadasse d'épouse manquent cruellement de naturel) et que je cherchais surtout à retrouver l'ambiance thriller du début.
Et finalement, même le personnage du Dodo que j'avais hâte de retrouver m'a semblé bien fade, si peu creusé.
Les autres personnages ne sont guère mieux lotis, entre Delmonico qui ne fait au fond que superviser les enquêtes, son insupportable stagiaire Helen MacIntosh qui balance des allusions à sa fortune familiale à longueur de temps, les horripilants jumeaux Wharburton et la famille bobo allemande du kidnappé qui a l'air tout droit sortie d'un épisode de Derrick.
Bref j'avais au moins 10 raisons d'arrêter ce "thriller" (mais où ? quand ?) avant la fin si je n'avais pas cherché jusqu'au bout à comprendre le sens de tout ceci.
Dernière précision, en plus d'être terriblement plan-plan, superficiel et dispersé, le roman se situe à la fin des années 60 et cela se ressent beaucoup dans cette écriture ringarde, comme si l'auteure avait été victime d'un bug en 1968.

Quelqu'un a-t-il lu "Les oiseaux se cachent pour mourir" ? Je tente le coup ou je laisse définitivement tomber cette auteure ?

Je remercie néanmoins Valérie Trahay et les éditions de m'avoir envoyé ce livre.




24 février 2013

La mort s'invite à Pemberley - P.D James (livre audio)


Publié en anglais en 2011 et traduit en français l'an passé, "La mort s'invite à Pemberley" est la suite criminelle, imaginée par la romancière anglaise P.D James, au célèbre classique "Orgueil et préjugés" de Jane Austen.

Bien des années après que Lydia Bennett se soit enfuie avec George Wickham et que Jane et Lizzie aient trouvé en Bingley et Darcy deux maris aimants, voilà que, la veille du bal d'automne de Lady Anne, un terrible accident vient troubler le calme de Pemberley.
Durant le dîner réunissant les Darcy, les Bingley, Giorgiana Darcy, le colonel Fitzwilliam et le jeune avocat Henry Alveston, l'attention des convives se porte tout à coup sur la route du bois qu'emprunte un cabriolet malmené par la tempête faisant rage.
Du véhicule émerge une Lydia plus hystérique que jamais, clamant haut et fort qu'à la suite d'une série de coups de feu, Wickham est mort de la main de son ami le capitaine Denny.
Wickham est-il vraiment mort ? Pemberley et ses habitants se relèveront-ils de l'enquête et du procès à venir ?

Lorsque j'ai eu vent de la sortie de ce roman en mars dernier, j'ai beaucoup hésité à me le procurer, craignant surtout que P.D James (que je ne connaissais pas alors) dénature l'univers austenien au profit d'une enquête policière tirée par les cheveux.
Je remercie Audiolib de m'avoir donné l'occasion de constater que j'avais doublement tort, tout d'abord parce que P.D James a vraiment su selon moi se réapproprier la langue et l'esprit de Jane Austen, mais également en raison de l'aspect policier du roman qui s'est avéré beaucoup moins complexe que prévu.

Le roman s'ouvre sur un rappel des faits et des personnages d'Orgueil et Préjugés à qui P.D James offre une "seconde vie" en imaginant ce que chacun est advenu. Ces supposés chemins de vie prêtent parfois à sourire mais concordent toutefois avec les traits de caractère de chaque protagoniste.
En Jane résident encore la même douceur et la même bienveillance qu'autrefois. Bingley se distingue toujours par sa jovialité. Si Darcy se montre moins secret qu'auparavant, il n'en reste pas moins cet homme taciturne soucieux de préserver sa famille.
Bien que mariée, Lydia n'a toutefois rien gagné en sagesse ni en retenue. De même, Lady Catherine est restée fidèle à elle-même.

" Je n'ai jamais approuvé les agonies qui n'en finissent pas. Dans l'aristocratie, c'est de l'affectation. Dans les classes inférieures, ce n'est que prétexte pour se dérober au travail (...) Les gens devraient prendre la décision de vivre ou de mourir et faire l'un ou l'autre avec le moins de désagrément possible pour autrui."

Le seul personnage qui semble avoir changé est Lizzie, toujours curieuse, intègre et perspicace mais très embourgeoisée (le couple ne voit les enfants que lors des visites à la nursery), constamment exténuée et effacée tout au long d'une histoire qui semble avant tout une affaire d'hommes !
J'ajouterais que le couple qu'elle forme avec Darcy m'a déçue dans le sens où je me disais qu'une fois le mariage consommé, ils se tutoieraient et adopteraient un comportement moins guindé. Or il n'en est rien ici.
La première partie est donc principalement consacrée aux personnages et aux retentissements que provoque l'accident en chacun d'eux. Emergent de douloureux souvenirs et de vieilles rancunes que même le bonheur conjugal n'a pas réussi à effacer.
Comment Darcy aurait-il pu oublier la trahison de Wickham qui fut autrefois un frère pour lui ? Il découvre qu'il ne suffit pas d'éloigner un homme pour le rayer de son existence. Ainsi, certaines responsabilités se rappellent-elles à lui.

A l'accident succède une enquête judiciaire malheureusement bâclée faute de preuves ou d'indices probants. Seuls quelques témoignages éclairent quelque peu les circonstances de l'accident mais sans pour autant en faire toute la lumière.
Le lecteur assiste rapidement au procès lors duquel, à part une audition inattendue, les témoignages sonnent comme de faibles redites.
Beaucoup d'espace est consacré aux rumeurs de la foule avant que n'arrive un premier coup de théâtre.
Trop d'éléments sont restés inexpliqués et ce n'est que dans les dernières pages du roman que les langues se délient, donnant lieu à une série de révélations coup sur coup expliquant le rôle de chacun dans l'affaire.

Voici une lecture qui avait très bien commencé mais qui malheureusement s'est avérée décevante pour moi à partir de l'ouverture de l'enquête. Une enquête qui n'a cessé de piétiner jusqu'à un dénouement crédible mais décidément trop maladroitement précipité.
J'ai regretté ce manque de possibilité laissé au lecteur de pouvoir deviner la suite de l'histoire.
Comme je l'ai dit plus haut, P.D James maîtrise selon moi les différentes composantes de l'univers austenien. Stylistiquement ce roman est irréprochable et l'on peut d'ailleurs compter sur la voix de Guila Clara Kessous (plus d'une vingtaine de personnages à elle seule, il fallait le faire !) pour reléguer cette espièglerie d'entre les lignes et favoriser une écoute très agréable.
Mais là où le bât blesse, c'est lorsque l'auteure glisse de cet univers vers son univers propre qui est celui des romans policiers.
Une transition malheureusement bancale, comme si "la reine du crime" s'était tellement laissée posséder par l'univers d'Austen qu'elle en avait tout simplement oublié son intrigue.
Je ne saurais dire si les amateurs d'Austen y trouveront leur compte. En revanche, je pense que les lecteurs du genre policier risquent de sortir déçus de cette lecture.


MERCI à de m'avoir envoyé ce livre audio !


6 décembre 2012

Serum saison 1 épisodes 3 et 4 (et fin pour moi) - H.Loevenbruck et F.Mazza














Respectivement en librairie depuis les 27 juin et 26 septembre derniers, "Serum - épisode 3 et 4 saison 1" sont les troisième et quatrième volets d'une série co-écrite par les français Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza. Six épisodes composeront la saison 1 et il en sera de même pour les saisons 2 et 3.
Le cinquième épisode est disponible depuis le 24 octobre et le sixième depuis le 28 novembre.

Mes avis sur les tomes 1 et 2

 !!! A ne pas lire si vous n'avez pas encore découvert les épisodes précédents !!! 

La fin de l'épisode 2 abandonnait le lecteur sur la mystérieuse disparition de Cathy et John Singer, fondateurs du site lanceur d'alertes Exodus2016.
Quelques jours après le kidnapping, une video apparaît sur Youtube montrant John Singer dont le mouvement des paupières interpelle le detective Detroit. Est-il possible que John Singer tente de transmettre un message ?
Alors que Lola Gallagher se rend chez le docteur Draken pour montrer à Emily une photo de l'un des ravisseurs, celle-ci la retrouve en piteux état... Quant à Ian Draken il semblerait qu'il ait bel et bien disparu, non sans laisser quelques preuves accablantes derrière lui...
Elle découvre également que Ben Mitchell, l'inventeur du serum, a pris à sa charge les frais d'internement de Paul Clay, qui n'est autre que l'un des anciens patients du Docteur Draken.

Mon billet sera court car, comme vous l'aurez compris en lisant le titre, je ne compte pas poursuivre ma découverte de la série.
C'est qu'au bout de 4 tomes (soit à peu près 800 pages), je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup progressé dans cette histoire qui tire volontairement en longueur.
Je suis lasse de ces épisodes calibrés à 200 pages et qui s'achèvent systématiquement sur un cliffhanger poussant le lecteur à acheter le tome suivant.
Toute cette série pue le marketing à plein nez, la littérature façon junk food qui, rédigée dans un style on ne peut plus familier, se bouffe d'une traite mais ne rassasie pas.
Qui plus est, je suis d'avis que la série partira véritablement en sucette dès la saison 2 car je ne suis pas persuadée que les auteurs parviennent à maintenir les lecteurs en haleine sans faire partir l'histoire dans tous les sens, accumulant les coups de théâtre et retournements de situation (ah le gros complot mondial orchestré de concert par le gouvernement, la CIA, le FBI, Coca-Cola, Facebook. Disney et Kellog's tant qu'on y est...).
Seules les séances d'hypnose d'Emily avec le Docteur Draken (avec toute la symbolique qui l'accompagne) me manqueront mais est-ce suffisant que pour débourser une centaine d'euros et se farcir au total près de 4000 pages ? Non, pas pour moi en tout cas...


   

18 octobre 2012

Les revenants - Laura Kasischke


Publié aux USA en 2011 et traduit en français la même année, "Les revenants" est le 8ème roman de la romancière et poétesse américaine Laura Kasischke, notamment auteure des romans "Un oiseau blanc dans le blizzard", "A moi pour toujours" ou encore "En un monde parfait".

Un soir de pleine lune, Nicole Werner et Craig Clements, un couple d'étudiants de la prestigieuse université Godwin Honors College, sont victimes d'un accident de voiture dont seul Craig réchappera, non sans perdre la mémoire de ce qui s'est passé.
Accablé par les accusations de meurtre émanant de la sororité dont faisait partie sa petite amie, il parvient toutefois à réintégrer l'université le semestre suivant et ré-emménage avec Perry, son ancien colocataire, autrefois proche de Nicole lui aussi.
Mais bientôt se succèdent de troublantes apparitions comme d'étranges cartes postales et coups de fil qui font dire à Craig et Perry que Nicole est peut-être encore vivante.
Leur chemin rencontre alors celui de Shelly Lockes, première personne à être arrivée sur les lieux de l'accident, Mira Polson, professeur spécialiste des embaumements primitifs et coutumes folkloriques liées à la mort, et de l'intriguante Josie Reilly, ancienne colocataire de Nicole.

C'est peut-être en croisant leurs vérités à tous qu'ils réussiront à faire toute la lumière sur l'énigme entourant le mystérieux décès de Nicole Werner...

" Ce que nous nommons le deuil est peut-être moins le chagrin de ne pouvoir rappeler nos morts à nous que celui de ne pouvoir nous résoudre à le faire." La Montagne magique, Thomas Mann

Si le récit débute par la découverte de la scène de l'accident par Shelly Lockes, il prend ensuite place un an plus tard, au moment où Craig retourne à l'université. La narration est alors fréquemment interrompue par des flash-backs qui nous éclairent sur la rencontre entre Craig et Nicole et la succession d'événements ayant entraîné leur accident.
Si j'ai au départ éprouvé quelques difficultés à me situer dans la chronologie, j'ai fini par prendre mes repères et apprécier cette construction habilement mise en place de sorte à ne jamais trop en dire d'un coup.
J'ai beaucoup aimé le soin apporté à la psychologie des personnages, ce contraste appuyé entre l'être et le paraître, le moi public et le moi privé, qui appuie la description de cet univers où les apparences sont souvent trompeuses.

A l'instar de Joyce Carol Oates, également adepte du campus novel aux accents tragiques, Laura Kasischke propulse le lecteur au coeur des couloirs d'une université, temple d'une éternelle jeunesse qui loin d'être insouciante, collectionne ses secrets, ses mensonges, ses fantômes et ses rites initiatiques douteux.


Bien qu'ayant fait mon baptême à l'université (semblable au bizutage mais avec toutefois quelques nuances) avec le lot de gousses d’aïl à gober et de pelles à rouler à des têtes de vaches mortes que cela comporte, je ne me suis jamais retrouvée à moitié droguée et enfermée dans un cercueil pour le plaisir de me voir « renaître »...

L'auteure pousse ici la critique sociale à l'extrême, s'attaquant aux sororités, associations estudiantines secrètes dont les membres sont triées sur le volet, formatées au point de devenir "interchangeables" et dont certaines s'adonnent à des activités bien moins innocentes que la confection de napperons...
Laura Kasischke ne s'arrête pas là.
"What happens in Godwin stays in Godwin". Telle pourrait être la devise de cette université corrompue par un corps académique dirigeant soucieux d'étouffer les affaires gênantes pour l'établissement.
Oscillant sans cesse entre rationnel et intangible, apparences et vérités, l'auteure nous dépeint dans une ambiance largement morbide les failles d'une élite intellectuelle totalement dépourvue du sens des valeurs.

Une construction en paliers successifs, un scénario qui m'a fait penser à un crossing-over entre "Skulls" et "Sex crimes", des personnages multi-facettes, un mélange hybride entre peinture sociale et thriller psychologique, saupoudré d'une bonne dose de fantastique, le tout servi par une écriture aussi dense qu'irréprochable (dommage toutefois pour les coquilles et les trop nombreux "présentement" de la traductrice).
J'ai juste trouvé terriblement frustrant (même si cela contribue à laisser planer un certain mystère) de ne pas connaître l'issue de deux personnages clé de l'histoire mais ce petit bémol mis à part, que demander de plus si ce n'est de relire cette auteure au plus vite ?


D'autres avis : Choco - Kathel - Theoma - Leiloona - Brize - Valérie 

MERCI à Babelio de m'avoir envoyé ce roman !

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