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12 janvier 2011

Fragments - Marilyn Monroe


"Fragments", publié en octobre 2010, est une compilation de poèmes, de lettres et de textes intimes rédigés par l'actrice américaine Marilyn Monroe entre 1943 et 1962.

J'ai reçu cet ouvrage en version collector pour Noël et ce à ma demande expresse car j'avais hâte de découvrir une autre facette de cette femme majoritairement cantonnée à son statut de d'actrice-potiche blonde et donc forcément décérébrée selon certains.
J'attendais beaucoup de ce livre et je dois dire que j'ai été un brin déçue par ce que j'y ai trouvé.
Certes, il s'agit d'un beau livre. La version collector offre une jolie reliure rouge ainsi que de superbes photos imprimées sur papier glacé.
La mise en page aérienne permet une lecture fluide et chacun appréciera le souci de l'éditeur de proposer chacun de ces fragments en version bilingue tout en précisant que les traductions ont parfois du faire l'objet d'interprétations clairement indiquées en rouge dans le texte et laissées à la libre appréciation du lecteur.

Bon, cela étant dit, que trouve-t-on au juste dans cet ouvrage?
Là encore, l'éditeur précise qu'il a tenté d'inscrire au mieux les écrits de Marilyn dans le temps en les classant par ordre chronologique.
Le livre s'ouvre sur un texte rédigé à l'âge de 17 ans et évoquant son mariage avec James Dougherty qui lui permit d'échapper à l'orphelinat.
Ce texte contient déjà toutes les prémisses d'une femme que l'on sent déçue par l'amour, un être timide, fragile et profondément insécurisé qui tente de s'accrocher à la vie en essayant d'en saisir le sens et d'y définir son rôle.

Que ce soit dans ses poèmes ou dans ses notes, Marilyn Monroe évoque énormément ses peurs : la crainte de décevoir pour un rôle, de ne pas être intellectuellement à la hauteur de son mari Arthur Miller, de vieillir ou encore de se retrouver dans un asile psychiatrique comme ce fut le cas de sa mère et de sa grand-mère.

" L'enfance de chacun se rejoue tout le temps. Pas étonnant que personne ne connaisse l'autre ni ne puisse le comprendre entièrement. Je ne sais pas si j'en arrive avec cette conclusion à tout laisser tomber - ou si pour la première fois peut-être je suis connectée avec la réalité -
comment est-ce qu'on sait la souffrance des jeunes années de l'autre sans parler de tout ce qu'il traîne avec lui puisque au mieux une large marge de manoeuvre est nécessaire pour l'autre et pourtant combien c'est malsain de le supporter.
Je pense que le mieux est d'aimer bravement et d'accepter - autant qu'on peut le supporter." p.155

Par l'entremise de notes rédigées sur différents supports ( calendrier, papier à entête d'hôtel, carnets à peine entamés, feuillets, page de répertoire) visant à l'automotivation, la jeune femme tentait de canaliser ses peurs. Il n'est d'ailleurs pas rare que celle-ci parle de concentration et de discipline concernant son comportement sur les plateaux comme dans sa vie intime.
Si l'écriture présente un aspect majoritairement chaotique, le lecteur découvre néanmoins une femme d'une extrême lucidité, capable d'une intelligence émotionnelle qui la pousse la plupart du temps à basculer dans un profond désarroi, victime de sa sensibilité à fleur de peau.

" Après un an d'analyse. A l'aide à l'aide. A l'aide. Je sens la vie qui se rapproche alors que tout ce que je veux c'est mourir. Cri - Tu as commencé et fini en l'air mais où était le milieu?" p.163

J'ai été particulièrement touchée par une lettre rédigée lors de son internement un an avant sa mort et dans laquelle elle évoque la déshumanisation dont sont victimes les patients.

Nous sommes à des années lumière de l'icône qui apparaissait pourtant si sûre d'elle à l'écran !
Cette femme-ci apparaît dépressive, perfectionniste, toujours en retard, pétrie de trac et complexée intellectuellement de sorte que la plupart de ses écrits, loin d'évoquer son rapport au corps, sont avant tout des notes rédigées pour elle-même, des pense-bête visant à s'améliorer sans cesse.

J'en viens à l'objet de ma déception. Le livre est traversé par de nombreuses photos montrant Marilyn en train d'écrire ou en pleine conversation avec de grands écrivains.
Aussi m'attendais-je à trouver dans cet ouvrage des notes de lecture, des réflexions sur ses nombreuses rencontres avec des gens de lettres. Or la jeune femme prenait surtout la plume pour y évoquer ses états d'âme lorsque son moral était en baisse et comme elle le disait elle-même, elle ne lisait plus en période de crise et tentait de trouver avant tout les réponses en elle.
J'ai donc été déçue par cette fausse impression revendicative, cette volonté de réhabilitation intellectuelle que dégageaient les nombreuses photos présentes dans l'ouvrage et qui, à défaut d'illustrer les propos de Marilyn Monroe, ne font que "combler les trous".
Néanmoins, j'ai vraiment apprécié découvrir les petits bouts de vie de cette femme complexe même s'il m'a parfois semblé manquer de quelques clés pour pouvoir tous les comprendre.
Mais, selon les dires de Marilyn Monroe :

" Seuls quelques fragments de nous toucheront un jour des fragments d'autrui. La vérité de quelqu'un n'est en réalité que ça, la vérité de quelqu'un. On peut seulement partager le fragment acceptable pour le savoir de l'autre. Ainsi on est presque toujours seuls.
Comme c'est aussi le cas de toute évidence dans la nature - au mieux peut-être notre entendement pourrait-il découvrir la solitude d'un autre." p.45

Un autre avis : Niki

12 juin 2010

Lettres à Fanny - John Keats


"Lettres à Fanny" est un recueil de 37 lettres signées du poète anglais John Keats et adressées à Fanny Brawne, une femme qu'il n'aura pu aimer que durant les deux dernières années de sa vie.
La correspondance qui nous est présentée ici est à sens unique, les lettres de Fanny ayant été détruites par le poète juste avant sa mort.
La première lettre est datée du 1er juillet 1819. Fanny et John se sont déjà avoués leurs sentiments mais la maladie a forcé le poète à quitter Hampstead pour se reposer sur l'île de Wight.
Cette séparation cause une intense douleur au poète qui fait souvent montre de jalousie à l'idée que Fanny se voit courtisée par d'autres hommes que lui.
L'attente de la guérison tout comme celle de voir son talent enfin reconnu par ses pairs sont autant d'obstacles au bonheur des amants.
Durant les deux années que durera leur relation principalement vécue à distance, Fanny Brawne et John Keats n'auront de cesse que de se rassurer sur la constance de leur amour, en entrevoyant une félicité que la vie ne leur accordera que trop peu.

Les lettres de John Keats mettent en lumière la fragilité comme la profonde sensibilité du poète, un homme qui fait figure d'éternel angoissé dont l'état de santé précaire influence bien souvent les propos. L'homme en devient agaçant par moments mais comment ne pas lui pardonner en regard d'une telle écriture?

" Je voudrais tant que vous puissiez instiller dans mon coeur un peu de confiance en la nature humaine... Je ne parviens pas à en rassembler même un soupçon; le monde est trop brutal pour moi, je suis heureux qu'il existe un endroit tel que la tombe; je suis persuadé que je ne connaîtrai pas la tranquillité avant d'y reposer.
Quoi qu'il en soit, je vais m'octroyer la satisfaction de ne plus jamais revoir Dilke, Brown ou l'un de leurs amis. Je voudrais être ou bien dans vos bras empli de confiance, ou bien frappé par la foudre. " p.134
Une magnifique correspondance romantique au service d'une histoire d'amour pure, contrariée, intense, impossible.

" Dites, mon amour, s'il n'est pas très cruel à vous de m'avoir ainsi pris dans vos filets, d'avoir détruit ma liberté. L'avouerez-vous dans la lettre que vous devez sur-le-champ m'écrire et où vous devez par tous les moyens me consoler; quelle soit aussi envoûtante qu'une bouffée de pavots et me fasse tourner la tête; tracez les mots les plus doux et baisez-les, que je puisse du moins poser mes lèvres là où les vôtres ont été.
Quant à moi j'ignore la manière de témoigner mon ardeur à une personne d'une telle beauté; il me faudrait un mot plus éblouissant qu'éblouissante, plus magnifique que magnifique.
J'en viendrais presque à souhaiter que nous fussions papillons dotés seulement de trois journées d'été à vivre - ces trois jours avec vous, je les emplirais de plus de délices que n'en pourraient jamais receler cinquante années ordinaires." p.43

Je dois avouer que pour une fois, j'ai commencé par visionner le film avant de m'atteler à la lecture. Et grand bien m'en a pris finalement car il m'a permis de m'imprégner du contexte entourant cette oeuvre épistolaire et de l'apprécier ainsi en connaissance de cause !

Le film

Sorti sur nos écrans en janvier de cette année, "Bright Star" est signé Jane Campion, scénariste et réalisatrice néo-zélandaise à qui l'on doit notamment "La leçon de piano".
Le film retrace les dernières années de la vie de John Keats et débute en 1818. John Keats alors âgé de 23 ans essuie de nombreuses critiques quant à son recueil de poésie, "Endymion".
S'ajoute à la détresse du poète la maladie de son frère qui occupe toutes ses pensées.
D'ordinaire insensible à toute forme de poésie, Fanny Brawne n'en est pas moins touchée par les mots du poète qui l'intrigue autant que l'homme. Les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux.
Mais tandis que le jeune couple commence à peine à goûter aux joyeuses prémisses de l'amour, John Keats contracte la tuberculose et se voit contraint de renoncer à la rudesse de l'hiver anglais pour rejoindre l'île de Wight dont il finira par revenir quelques mois plus tard, pour repartir ensuite vers Rome.
Prisonniers d'un amour dont même la distance ne saurait diminuer l'intensité, les deux amants vivront leur idylle tant bien que mal, malgré la sombre fatalité qui pèse sur leur avenir et qui ne prendra fin qu'à la mort du poète en 1821, alors qu'il n'avait que 25 ans.

" A thing of beauty is a joy forever "

Des paysages anglais tous plus enchanteurs, des dialogues à couper le souffle servis par des acteurs de talent, de nombreux extraits issus de la correspondance de Fanny et John.
Que dire si ce n'est que ce film est un petit bijou qui a su aisément conquérir mon coeur de guimauve et m'a fait verser plus d'une larme (particulièrement la scène des papillons morts pour ceux qui ont vu le film...).

Du coup, j'ai bien envie de découvrir l'oeuvre du bonhomme même si, comme certains le savent, je suis loin d'être une amatrice de poésie. Après tout qui sait si, à l'image de Fanny, je saurai entendre ces mots-là :)






2 mai 2010

Brève et modeste incursion dans les dimanches poétiques - Valence Rouzaud

Vous êtes nombreux/ses à partager chaque dimanche de la poésie sur vos blogs. J'en profite d'ailleurs pour féliciter Celsmoon de cette belle initiative !
Bien que j'apprécie de découvrir certains de vos billets dominicaux, je n'y participe pas.
La raison en est simple : je ne suis absolument pas une lectrice de poésie...Le genre ne me parle pas tout simplement. Trop abstrait, trop tiré par les cheveux.
Bien sûr je peux en admirer la langue et la construction mais j'ai bien souvent l'impression de lire dans le vide et au bout du compte, je m'ennuie et passe à autre chose.
Aussi, lorsque j'ai reçu une proposition de partenariat de la maison d'édition Les Deux-Siciles, j'ai bien failli refuser, sauf que la curiosité de confronter mes expériences avortées avec le genre a finalement pris sur le pas sur mes appréhensions à les voir confirmées une nouvelle fois.

Une lecture très inégale pour moi. J'ai trouvé la plupart de ces poèmes assez fastidieux, alambiqués et pour le coup inaccessibles en ce qu'ils recouraient à des mots qui m'étaient inconnus.
Je n'ai pas pour habitude de consulter autant le dictionnaire durant mes lectures et cette nécessité a malheureusement contribué à me tenir éloignée de la majorité des textes composant ces recueils.
J'aime qu'un texte coule tout seul, que mon élan ne souffre d'aucune interruption, que les émotions surgissent sans que je n'ai à me torturer l'esprit pour les trouver.
Voilà mon impression générale sur ces deux recueils. Mais, car il y en a un, il serait inexact de prétendre qu'aucun de ces textes n'ait réussi à me toucher.
J'ai reçu deux recueils signés Valence Rouzaud, "Vingt et une orties" et "Rentier".
Le premier se compose de lettres adressées par l'auteur à son éditeur ainsi qu'à d'autres personnes du milieu littéraire. L'auteur y évoque essentiellement sa relation à l'écriture.
J'ai beaucoup aimé la lettre qui suit.

" Le Cotentin, le 19 mai 2002.

Mon cher éditeur,

La littérature plongée dans l'hiver nucléaire de l'anecdote et du fait divers, je me suis réfugiée dans mon usine à rêves au fond des bois. N'allez pas croire que je suis un coeur blessé se renfermant dans la censure du couvent. Vous et moi, nous raisonnons le monde en enfant et le rêvons en adulte. Pour vous le prouver, je vous livre mes vérités : l'écrivain est un joyeux fêtard lorsqu'il maîtrise la syntaxe et s'en libère; et je suis pour affubler de mauvaises pensées la figure de la Belle au Bois Dormant; encore qu'à trop casser le classicisme froid dans la forme et brûlant d'actualité, on mord la poussière.
Puis il faut le dire : France Culture nous ment, Gallimard nous ment...Renoncer à la nouveauté c'est se pendre aux clichés...nous disent-ils ! Oui. Mais la révolution surréaliste a vécu.
Dans le statut d'opposant, je me sens plus proche du primitif libre de tout mouvement...
Armé d'un crayon, seul le pathos est voyou de la raison.

A vous.
Valence. "

"Rentier" dévoile une trentaine de poèmes qui sonnent comme des billets d'humeur traitant de sujets aussi divers que le bonheur, la jeunesse, l'écoulement du temps, la philosophie, la nature mais aussi la poésie comme l'indique le texte suivant.

" La poésie

Contre la vitesse et la loi du marché, la poésie est bohème, l'humanité y marche à pied.
Elle se veut dans un ciel bleu de méthylène, où les oiseaux sont couverts d'un tablier d'or.
Elle ne couche pas dans les maisons de nos architectes montées sur un échafaudage d'idées artificielles ; pas plus entre le terrain vague du mensonge et la vérité.
Avec elle, dans la course aux rêves, le poète court en tête. " p.36

Ni fiasco, ni révélation prodigieuse. Si il est vrai que j'ai apprécié certains textes présents dans ces recueils, je maintiens que la poésie n'est pas un art qui récolte instinctivement mes faveurs.
Ces textes devraient par contre ravir les amateurs du genre !

Un grand MERCI aux éditions Les Deux-Siciles de m'avoir offert ces deux recueils !

10 janvier 2010

Neige - Maxence Fermine


"Neige" est le premier roman de l'écrivain français Maxence Fermine, paru en 1999.
L'auteur nous emmène dans le Japon du 19ème siècle, à la rencontre de Yuko Akita, un jeune homme de 17 ans qui décide, contre la volonté de son père prêtre, de préférer la poésie à l'armée ou à la religion.
Deux mots gouvernent alors le quotidien de Yuko : haikus (courts poèmes de 3 vers et de 17 syllabes) et neige.
Au printemps, alors que Yuko achève son 77ème haiku consacré à la neige, le poète officiel de la cour lui rend visite et découvre avec émerveillement les écrits de Yoko.
Seule ombre au tableau : ses poèmes manquent de couleur.
Yoko reste inflexible. Fermement décidé à faire lire à l'empereur 10 000 syllabes exclusivement dédiées à la neige, le jeune homme se donne 7 ans avant de franchir le seuil du palais impérial.
Le poète de la cour revient au printemps suivant et réussit à le convaincre de rendre visite à Soseki, celui qui fut son maître et sera celui de Yoko...
A son contact, Yoko prend conscience que ce vieillard aveugle a beaucoup plus de choses à lui apprendre qu'il ne le croyait et que lui aussi a un jour aimé une femme. Une funambule prénommée... Neige.

Un roman de circonstance vu les conditions climatiques actuelles... Moi qui d'ordinaire ai toujours aimé la neige et sa façon si singulière d'embellir les paysages même les plus sinistres, j'avoue avoir passé toute la semaine à pester contre cette même mélasse, cause de pieds paralysés, de robi-nez et de pètage de tronche à répétition (répétition signifiant bien entendu ici "plusieurs fois", je n'ai pas l'ambition de figurer dans le prochain "Holiday on ice" ni même dans le bêtisier de "Videogag" d'ailleurs...).
Bref. C'est donc confortablement assise contre le radiateur, loin de tout danger, que j'ai découvert avec plaisir ce court roman de Maxence Fermine.
Si vous n'aimez pas la neige ( je veux dire même au chaud chez vous), passez directement votre chemin car ce récit est bel et bien une ode à la poudreuse (évidemment, l'auteur s'abstient de mentionner les aspects décrits par ma catastrophique personne...).
Il est également question d'une belle histoire d'amour ou plutôt de deux histoires d'amour croisées mais je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre bon plaisir.
Mais plus que cela, "Neige"est également un petit conte philosophique qui invite le lecteur à prendre son temps, à se regarder vivre, à contempler la nature et ce qu'elle a à lui offrir, à réfléchir à l'art qui ne se trouve pas seulement dans les musées mais tout autour de lui ou mieux, en lui.
J'y ai trouvé un magnifique passage sur l'écriture :
" En vérité, le poète, le vrai poète, possède l'art du funambule. Ecrire, c'est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d'un poème, d'une oeuvre, d'une histoire couchée sur un papier de soie.
Ecrire, c'est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre.
Le plus difficile, ce n'est pas de s'élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n'est pas non plus d'aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d'une virgule, ou que l'obstacle d'un point.
Non, le plus difficile, pour le poète, c'est de rester continuellement sur ce fil qu'est l'écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu'un instant, de la corde de son imaginaire.
En vérité, le plus difficile, c'est de devenir un funambule du verbe." p.80

A l'image des haikus dont il est question dans tout le roman, l'auteur nous offre ici un court roman aux phrases concises et aux chapitres espacés, une tentative de saisir cette neige si éphémère et l'occasion de laisser au lecteur le temps de la réflexion tandis que la magie opère.
J'ai retrouvé dans "Neige" cette même poésie qui m'avait tant plue dans "Soie" d'Alessandro Baricco.
Si vous n'avez encore lu ni l'un ni l'autre, n'attendez plus! Voilà deux lectures assurément magnifiques!


Un autre avis : Gio

5 août 2009

La triste fin du petit enfant huître et autres histoires - Tim Burton


Quand je pense que j'ai passé 12 ans dans l'ignorance de l'existence de ce bouquin! "Mieux vaut tard que jamais" semble être mon nouveau mot d'ordre :)
Bien que ce petit bijou d'humour noir ait principalement trait aux enfants, il ne devrait pas trouver sa place dans les étagères des bambins ( à moins qu'un parent ne veuille faire passer un message du genre " tu vois ce qui va t'arriver si t'es pas sage", auquel cas l'enfant visé en restera traumatisé...à vie).
L'édition 10/18 présente l'avantage d'offrir les histoires en deux langues (anglais d'un côté-français de l'autre) ce qui permet de voir les efforts du traducteur pour maintenir l'esprit macabre de l'auteur (parfois au détriment de la poésie malheureusement) :


En anglais :
" The Boy with Nails in His Eyes
put up his aluminum tree.
It looked pretty strange
because he couldn't really see.






Les dessins ont tous été réalisés par Tim Burton




Toutes les histoires partagent le gôut prononcé de Tim Burton pour les personnages hors du commun, choisis pour illustrer la marginalité et la cruauté des adultes face à la différence.
Outre "L'enfant avec des clous dans les yeux", j'ai été secouée par cette histoire :


Un bref récit des aventures d'une femme-poisson-pas-sirène qui met au monde un enfant en métal qui reste accroché à elle par un cordon ombilical constitué d'une chaîne.
L'histoire se termine mal (sans blague) puisque son "boulet" de fils finira par entraîner sa mère dans les profondeurs de l'océan...








Dans le même genre : "La Gambas" de Thomas Gunzig en écoute libre sur Radiolivres.

D'autres avis : Sous le feuillage