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26 octobre 2010

Le confident - Hélène Grémillon


"Le confident" est le premier roman de la française Hélène Grémillon (grâce à la rubrique people de Keisha, nous savons qu'elle est la compagne du chanteur Julien Clerc ^^), paru le 9 septembre.
Paris, 1975. Camille Werner, une éditrice de 35 ans, vient de perdre sa mère, décédée dans un accident de voiture. Parmi les mots de condoléances figure la première lettre d'une série que Camille attendra avidement tous les mardis, même si elle n'a jamais entendu parler de Louis, le mystérieux expéditeur. Alors que la jeune femme pensait à une erreur de destinataire puis à un manuscrit habilement déguisé, elle découvrira que l'histoire qui lui est contée pourrait bien la concerner...

"Ce ne sont pas les autres qui nous infligent les pires déceptions, mais le choc entre la réalité et les emballements de notre imagination." p.33

Si vous ne l'avez pas encore lu, précipitez-vous dans la librairie la plus proche !
Si le récit débute par le portrait de Camille, c'est principalement dans les années 1938-1943, durant l'Occupation allemande que se déroule ce roman.
Camille va découvrir les témoignages à rebours de Louis, Annie et Madame M., des histoires de vie imbriquées les unes dans les autres et traversées par la culpabilité, le secret et la survie durant cette terrible guerre qui pousse les femmes à enfanter coûte que coûte, pour repeupler une nation décimée par les combats.

" Je manquais certes de qualités physiques pour procréer, pas pour autant d'instinct maternel. Les femmes devraient toujours être dépossédées des deux à la fois, cela éviterait bien des chagrins et des drames." p.229

" Elle est mystérieuse, la naissance, qui retire une femme à la société pendant quelque temps et qui, un jour, la lui rend, comme ça, brutalement.
Après des semaines d'hébétude et de béatitude, on entre de nouveau dans l'action et on redevient celle qu'on était avant, en plus concentrée, en plus dense, en pire, car désormais on ne se bat plus pour soi mais aussi pour son enfant.
Après ce coup de feu, la vie venait de reprendre ses droits sur l'ère protectrice de la maternité nouvelle." p.246

Alors qu'elle ( et a fortiori le lecteur) pense détenir le fin mot de l'histoire à l'issue d'une correspondance, Camille se voit bousculée dans ses certitudes par l'arrivée d'une nouvelle lettre puis d'un journal, de sorte que le suspense reste haletant jusque dans les dernières pages !

" L'amour est un principe mystérieux, le désamour plus encore, on arrive à savoir pourquoi on aime, jamais vraiment pourquoi on n'aime plus." p.41

J'ai beaucoup aimé le soin apporté par l'auteure dans la différenciation des intervenants, aussi bien dans la description fouillée de leur comportement à chacun que dans leur façon singulière de relater les événements. Chacun apporte un éclairage différent et pourtant complémentaire à l'histoire.
La machination au centre de ce récit est rondement bien amenée, sans pour autant que le lecteur ne se perde en cours de route.

" La manipulation psychologique est une arme comme une autre, ni plus ni moins faillible, la seule en tout cas qui permette le crime parfait. Tellement parfait, que même moi j'étais presque convaincue de ne pas être responsable de sa mort. Finalement, j'avais peut-être raison." p.279

Un premier roman très réussi, sans doute mon préféré de la rentrée littéraire ! Un vrai coup de coeur que je vous recommande les yeux fermés ! (mais les yeux ouverts, c'est quand même plus pratique pour lire...)

D'autres avis : Clara - La plume et la page - Sandrine - Stephie - Keisha - Hérisson - Gwenaëlle - Mango - L'Ogresse


Un grand MERCI à et aux éditions de m'avoir offert ce livre !


23 août 2010

La seule - Maud Basan


"La seule", premier roman de l'écrivaine française Maud Basan, est paru le 18 août aux éditions Denoël.
Récemment quittée par son compagnon, Perluète ne parvient pas à encaisser le choc de la rupture et entame un voyage au coeur d'elle-même et de ses souvenirs.

Voici un récit qui démarre sur les chapeaux de roues. C'est fini. L'autre est parti. Et la nouvelle tombe comme un couperet sur le lecteur comme sur Perluète.
Reste plus qu'à apprivoiser le silence, l'absence, le manque, les incertitudes, les questions, le temps suspendu, l'attente, la tristesse, les souvenirs, les lieux, les objets, les odeurs, les angoisses à toute heure du jour, la peur, la paralysie, l'air raréfié, l'inertie, le renoncement, le vide.
Imaginez/replongez-vous à l'instant de votre rupture. Celui/celle qui partageait votre vie vient de claquer la porte et vous voilà seul(e) dans cet endroit qui restera votre chez vous, mais au singulier cette fois.

" Nous n'existe plus nous devient autre, totalement incongru imprononçable contresens impensable de folie mortelle." p.54

Une rame de feuilles, un stylo et vous commencez à coucher sur le papier tout ce qui vous passe par la tête sur le moment.
Bien entendu, dans votre tête, tout ce que vous écrivez tombe sous le sens mais honnêtement, il n'est pas certain qu'un lecteur extérieur comprenne ce flot de pensées (souvent inabouties) avec la même évidence.
C'est là l'effet que m'a procuré ce roman.
J'ai cru déceler dans la démarche de l'auteur une volonté de restituer au lecteur les pensées en vrac de la femme quittée, de lui faire partager la confusion de l'esprit et la succession de chamboulements physiques qu'occasionne la séparation.
Maud Basan use d'une écriture instantanée, presque automatique, qui évolue par saccades à l'image de pulsations cardiaques, ne s'encombre pas de règles de ponctuation, se joue de la syntaxe pour ne s'attacher qu'aux mots, laissés en pâture au lecteur.

" Pas de mots mis ensemble qui conviennent qui ressemblent qui disent cela, seulement des bouts de phrases où l'on se perd on part ailleurs, manque le montage la syntaxe, les mots les phrases se figent s'ankylosent puis déploient leur plumage ouvrent leurs bras s'allongent, offertes." p.170

Et à l'image de Perluète, le lecteur perd tous ses repères. Il n'y a plus vraiment de notion du temps, entre le passé qui n'est plus, l'amour au conditionnel et le présent en suspens.
Les souvenirs se chamaillent, rejaillissent sous forme d'inventaire (toutes les premières fois, le nombre de fois, les dernières fois sans savoir que ce sont les dernières) et se heurtent à la réalité.

" Le réel est irracontable. Ca pourrait ressembler, mais non. C'est rempli envahi saturé d'absence, ça occupe tout, on ne voit que ça, mais on ne voit rien justement, c'est fait de son absence à lui, à laquelle s'ajoute la négation d'elle (ôtée d'elle-même, vidée de sa substance, quelque chose s'est entièrement écoulé par une brèche laissée ouverte), c'est fait d'absences qui s'additionnent, somme de valeurs négatives, combinaison impossible, ça n'existe doublement pas, ça donne le tournis, absences pas en abyme, non, juxtaposées, en chiens de faïence, immobiles et pétrifiées, sans issue, pas de chemin, cela dépasse l'entendement." p.33

"La seule" est donc un roman qui évoque plus des sensations qu'il ne raconte une histoire.
Malheureusement, si j'ai vraiment apprécié la démarche originale de l'auteure, j'ai toutefois peiné à arriver au bout de cette lecture.
Appliqué à la nouvelle ou à la poésie, ce style d'écriture peut contribuer à alléger un texte et à laisser les mots à l'appréciation du lecteur mais s'agissant d'un roman de 224 pages, ce rendu m'a semblé trop fastidieux à la lecture...

Un autre avis : Clara

Ce livre a été chroniqué dans le cadre d'un partenariat avec et


15 juillet 2010

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano


"La solitude des nombres premiers" est le premier roman, paru en 2009, du jeune écrivain italien Paolo Giordano.
Alors que Viola, la peste du lycée, l'oblige à désigner le garçon qui lui plaît le plus, Alice jette son dévolu sur Mattia, un jeune homme surdoué, réservé et maladroit dans son rapport avec les autres auxquels il préfère largement les mathématiques et qui comme elle retourne sa souffrance contre son propre corps.
Cette rencontre signera le début d'une relation à demi-mot entre ces deux adolescents dont les blessures d'enfance peinent à cicatriser au fil du temps.

Acheté dès sa sortie en librairie, ce roman a pourtant du attendre plus d'un an avant de quitter les rangs de ma (scandaleuse) pile à lire. Pour quelle raison? Sans doute parce que ce sujet tristement beau me faisait appréhender cette lecture.

Le roman s'ouvre sur le récit des drames vécus par Alice et Mattia, lesquels, malgré un mal-être pressenti comme antérieur à ces épisodes, sonneront comme le point de départ d'un traumatisme qui les hantera durant toute leur vie.
Alice est anorexique. Victime d'un accident de ski qui lui laissera une jambe boiteuse, elle ne cesse d'imposer à son corps de nouvelles limites.
Mattia ne se remet pas de la disparition de sa soeur jumelle abandonnée dans un parc afin qu'il puisse se rendre seul à un anniversaire et éviter ainsi que cette soeur retardée lui fasse honte une fois encore.
La culpabilité le ronge à ce point qu'il s'auto-mutile et se réfugie dans les chiffres.

" Les années du lycée avaient constitué une blessure ouverte, que Mattia et Alice avaient jugée trop profonde pour qu'elle cicatrise. Ils les avaient traversées en apnée; lui, refusant le monde; elle, se sentant refusée par le monde, et ils s'étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence. Ils s'étaient construit une amitié bancale et asymétrique, composée de longues absences et de grands silences, un espace vide et propre où ils avaient tout loisir de reprendre haleine quand les murs du lycée se rétrécissaient au point de les étouffer." p.127

A la suite de ces deux premiers chapitres, je m'attendais à une intervention de la part de la famille ou à un suivi chez un psy mais il n'en est rien.
Leurs parents respectifs apparaissent peu loquaces, comme résignés à cette fatalité qui pèse sur la vie de leurs enfants. Constat qui contamine d'ailleurs peu à peu le lecteur.
Au détour de chapitres présentant alternativement les deux héros à travers de grands sauts dans le temps, l'auteur se restreint à ne nous livrer que les moments clés qui jalonnent les existences de ces personnages anesthésiés par leurs souvenirs et incapables de passer outre pour pouvoir se construire une vie.
Alice devient photographe tandis que Mattia quitte l'Italie pour enseigner les mathématiques à l'étranger.
Si Mattia m'a donné l'impression d'un jeune homme mort le jour de la disparition de sa soeur jumelle, le personnage d'Alice m'a semblé plus nuancé et porteur d'un certain espoir.
Sans oublier Mattia, peu réceptif à ses initiatives, ou tenter de remédier à son anorexie, Alice s'offre une chance d'être heureuse tout en sachant au fond d'elle que cette tentative se soldera par un échec.

" Mattia. Voilà. Elle pensait souvent à lui. De nouveau. Il était une des maladies dont elle ne voulait pas vraiment guérir. On peut tomber malade d'un souvenir; elle, elle était tombée malade de cet après-midi-là, dans la voiture, devant le parc, quand elle avait placé son visage devant le sien pour lui ôter de la vue ce lieu d'horreur." p.271

Si les personnages de ce roman ne m'ont pas bouleversée tel que je m'y attendais, c'est sans doute parce que l'auteur, au détour d'une écriture froide qui se veut plus descriptive qu'explicative, n'a pas semblé vouloir les rendre attachants en apitoyant le lecteur sur leur sort.
Au terme de cette lecture, j'ai ressenti en eux une souffrance inaccessible qu'ils semblent seuls à comprendre et à partager, une tension ambigüe à chaque rencontre mais que leur aphasie mutuelle tend à réprimer. Des personnages complexes qui m'ont un peu fait penser à Sophie et Julien, les deux héros de "Jeux d'enfants" (assurément l'un de mes 10 films préférés).

" Car Mattia et elle étaient unis par un fil élastique et invisible, enseveli sous un fatras insignifiant, un fil qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leur espèce, deux individus qui avaient reconnu leur solitude dans celle de l'autre." p.294

Même si mon avis semble peu encourageant, je ne regrette absolument pas cette lecture qui bénéficie selon moi d'une qualité d'écriture incontestable !

"La solitude des nombres premiers" était une lecture commune avec George et Pascale dont je vais de ce pas découvrir les avis !

Plein d'autres avis chez BOB !

28 avril 2010

40 ans, 6 morts et quelques jours... - Victor Rizman


" 40 ans, 6 morts et quelques jours..." est le premier roman de l'écrivain français Victor Rizman, publié en mars par Emotions Works.
Le jour de son anniversaire, un quadragénaire décide qu'il est temps pour lui de mettre un peu de piment dans sa vie. Il prend un appartement en cachette de son épouse et de sa fille et se crée un faux profil féminin sur un site de rencontres. Il y fera notamment la connaissance de SOLEILROUGE...
Le journaliste Vulcain Sanglar (alias "Le Sanglier") reçoit des cadeaux pour le moins étranges qui le mettront bientôt sur la piste d'un tueur en série...Le Scarabée.
Pendant ce temps-là, le capitaine Joël Schmitt et l'agent Sanka s'échinent à mener l'enquête.
Aucun cadavre, aucune disparition signalée, pas d'autres indices que ceux laissés volontairement par le Scarabée. Comment résoudre cette suite de 6?

"40 ans, 6 morts et quelques jours..." met en parallèle 3 existences qu'une série de meurtres va rapprocher. Tout au long du récit, nous allons donc suivre l'évolution des 3 personnages principaux ou du moins ce que l'auteur veut bien nous en dire.
Il n'y a en effet aucun second niveau de lecture visant à établir une complicité avec le lecteur, l'auteur s'amusant à tirer les ficelles à l'instar du personnage principal, le Scarabée.
Le Scarabée est un publicitaire, homme marié et père de famille en proie à une crise de la quarantaine plutôt hardcore associée à la recherche d'adrénaline.
Personnage central du roman, il est le seul qui s'exprime directement à travers le "je" et manipule les autres personnages. Malgré ses agissements, il m'a immédiatement plu car j'ai retrouvé en lui l'humour sarcastique et la vision du métier d'Octave Parango, alias le héros de "99 francs" (en moins libidineux), mais aussi la finesse et le sang froid de Fabrice Valantine, personnage de "Fume et tue" (version sans tabac).

" Depuis de nombreuses années, mon agence élabore des concepts pour le petfood. Et si ce n'est pas un sacerdoce, c'est très compliqué de vendre une boîte de bouffe survitaminée à une population égoïste, en lui masquant la faim dans le monde, les restos du coeur, les SDF,...C'est là que mon métier trouve tout son sens et sa grandeur. Je me demande souvent à quoi servent les yorkshires et autres bichons. Si les gens aiment les petites choses vivantes, élever des bactéries devrait leur suffire. " p.14

"
Coincée dans le hall, ma femme tente de rentrer un deuxième jambonneau dans la manche de son manteau. Elle doit m'apercevoir dans son brouillard psychotrope pour me dire "Je vais à la jardinerie chercher un petit arbuste pour remplacer le buis qui est mort cet été. Je voudrais refaire un topiaire et comme la Sainte-Catherine approche...". Son effort lui coupe la respiration. Le temps de faire une pause pour récupérer, elle rajoute : "Je serai là pour midi et je passe au twirling la récupérer."
Elle finit sa gymnastique d'intérieur et sort s'occuper de ses projets horticoles. J'aurais aimé la regarder partir et être jaloux de sa beauté, pouvoir douter de sa destination. Peine perdue, quand le cynisme remplace l'amour, il ne reste plus qu'emballage et charcuterie. Qu'elle s'occupe de tailler des caniches dans ses buis. C'est le moment, à la Sainte-Catherine tout prend racine. Enfin peut-être pas cette année." p.122

Sanglar est un journaliste en manque de reconnaissance qui voit en cette suite de meurtres l'occasion rêvée de faire enfin la couverture du journal grâce à ses articles sur le Scarabée.
Autant dire qu'il a tout intérêt à captiver ses lecteurs le plus longtemps possible, ce qui revient pour lui à souhaiter que l'affaire ne soit pas trop rapidement résolue. C'est un personnage étrange, crade et qui entretient une relation malsaine avec sa grand-mère morte.
Le capitaine Schmitt est un homme au passé nébuleux, hanté par son échec dans l'affaire "Human Bomb" et par la disparition de sa famille.

Scarabée, Sanglar, Schmitt (et même SOLEILROUGE), des personnages en quête de reconnaissance, des prénoms en -s qui sonnent comme une allusion aux serpents, animaux à sang froid, allusions au sang, au sexe, aux scandales, autant de termes évoquant la tendance au sensationnalisme de plus en plus présent dans la presse.

J'ai beaucoup aimé la construction de ce récit dont les chapitres sont divisés entre le Scarabée et les autres personnages. Au centre de ce roman, le thème de la manipulation (le recours aux milieux de la presse et de la publicité ne relève évidemment pas du hasard).

" Voir Babe le cochon parler sur grand écran devrait rendre suspectes les images merdiques d'un barbu qui menace l'Occident au fond d'une grotte. Mais non, je vois donc je crois. C'est ça le problème, vous voulez tous croire, pas savoir. " p.247

Tout comme son personnage, l'auteur a fait en sorte de tenir son lecteur en haleine tout en jouant avec ses croyances, non sans humour puisqu'il est allé jusqu'à reproduire le site créé par son personnage pour promouvoir son roman. Sans compter que les informations sur l'auteur sont plutôt rares sur le net...Victor Rizman a donc magistralement réussi son coup !
Si je retrouve un bocal renfermant une jambe de poupée dans ma boîte aux lettres, je saurai que l'auteur est passé par ici ^^

Bon, je ne mâcherai pas mes mots, ce roman m'a sans nul doute fait l'effet d'une pépite ! D'ailleurs je l'ai tellement aimé que je souhaite le partager avec vous en faisant de lui un livre voyageur. Inscriptions en commentaire ;)

A voyagé jusque chez Clara, Mango et Sandrine.

Voici la video-promo du livre. Elle ne plaira peut-être pas à tout le monde mais je vous assure que le roman vaut vraiment le détour !



Le site du livre

Un grand MERCI à Victor Rizman et Emotions Works de m'avoir offert ce livre !

D'autres avis : Saxaoul - Heclea

22 avril 2010

Intrusion - Elena Sender


"Intrusion"est le premier roman de la française Elena Sender, grand reporter au magazine "Sciences et Avenir".
Ce thriller nous plonge dans la vie de Cyrille Blake, brillante psychiatre à l'origine du Mésératrol (ou kryptonite du bonheur) et du Centre Dulac, établissement qu'elle a fondé pour venir en aide aux personnes à problèmes "mineurs" (dépressions saisonnières, ruptures sentimentales,...).
Un jour, un jeune homme du nom de Julien Daumas se rend en consultation chez Cyrille qu'il semble déjà connaître. Or si Julien conserve d'elle un souvenir bien précis datant de son internement pour tentative de suicide 10 ans plus tôt, c'est le trou noir du côté de Cyrille.
Intriguée et déboussolée, elle décide de mener l'enquête sur cet inconnu et sur cette tranche de vie oubliée...

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais c'est le troisième roman que je lis qui traite de la mémoire et d'une femme qui perd la boule ! Après "Robe de marié" (mais aussi "La Vie d'une autre"), j'ai donc entrepris la lecture de ce foisonnant thriller.
Je me suis ainsi familiarisée avec le personnage de Cyrille Blake, une femme présentée comme équilibrée, combattive, investie et attachée à son boulot et à son mari plus âgé qu'elle, lequel est en passe d'obtenir le prix Nobel.
Or la venue de Julien Daumas viendra troubler cette joyeuse harmonie et amènera Cyrille à replonger dans un pan de son passé dont sa mémoire ne semble pas avoir gardé la moindre trace, épisode d'autant plus troublant qu'il se manifeste chez une personne ayant consacré sa vie au cerveau humain.

" La mémoire était un pivot dans le processus d'"accès au bonheur", envahissante ou incomplète. C'était le grenier indispensable où se cachaient nos paradis perdus et nos malheurs.
Sans mémoire, l'homme n'était plus qu'une enveloppe vide. Elle eut soudain l'impression d'avoir cent vingt ans. " p.135
Très vite et malgré une grande confusion, Cyrille décide de prendre les choses en main, fermement décidée à ne pas se laisser déstabiliser par un patient à côté de ses pompes.
C'est une femme rationnelle et pragmatique, déterminée à appliquer sur elle-même ses propres méthodes, à chaque problème sa solution.
Mais malheureusement pour elle, elle va devoir composer avec des événements inattendus, tragiques et inexpliqués.
Alors qu'elle pensait pouvoir s'en sortir seule, il lui faudra compter sur l'aide d'autres personnes en sachant toutefois séparer le bon grain de l'ivraie...

J'ai trouvé ce récit très fouillé pour un premier roman. Les chapitres sont nombreux mais le roman peut selon moi être scindé en deux parties : le problème et sa solution.
La première partie m'a paru un peu trop longue. L'auteure nous fait part de l'état d'esprit de Cyrille et appuie ses descriptions de monologues intérieurs assez redondants et typiques de la psy qui s'auto-analyse. Comme d'autres avant moi, j'ai relevé quelques invraisemblances et des réactions pas très logiques de la part de Cyrille (quand je pense à tout le temps qu'elle passe à dormir malgré ce qui lui arrive !). Certains clichés aussi (comme le coup du seau de Ben&Jerry's contre la déprime^^).
Le récit est bien documenté et laisse volontiers la place au jargon scientifique de Cyrille (et de l'auteure) que j'ai trouvé très intéressant dans la mesure où celui-ci était illustré et servait avant tout l'intrigue et non le déballage de connaissances de l'auteure ( je reste toutefois sceptique quant à l'utilisation de l'IRM ouverte, y a-t-il un psy dans la salle pour confirmer?).
L'intérêt de ce roman réside donc à mon sens dans son aspect documentaire et dans le déploiement de l'intrigue (moins dans l'identification du coupable, à ce niveau-là c'était cousu de fils blancs...).
La plume de l'auteure est efficace et suffisamment habile que pour encourager le lecteur à poursuivre sa lecture. Je ne me suis ennuyée à aucun moment même si j'ai fait preuve d'une certaine réserve quant à certains aspects décrits plus hauts.
Bref, un avis en demi-teinte...

" L'adrénaline était le meilleur antidote naturel à la dépression, elle saturait momentanément le cerveau, et le stimulait. Elle conseillait de se plonger sous une douche froide ou de faire quelque chose de totalement nouveau, d'adresser la parole à un voisin inconnu...Bref, un acte qui pouvait relancer la machinerie des méninges jusqu'à la prochaine alerte. Cyrille sortit de sa petite valise son bandonéon de voyage. Elle libéra les soufflets et ouvrit en grand la fenêtre qui donnait sur la rue et son brouhaha. Elle prit une bonne inspiration et se mit à jouer un paso doble endiablé." p.225

D'autres avis : Aifelle - Keisha - Soukee - George - Stephie - Keisha - Pimprenelle - Cunéipage - Mango - Hérisson - Clara


Un grand MERCI à de m'avoir offert ce livre !


20 avril 2010

L'enfant sans nom - Amy MacKinnon


"L'enfant sans nom" est le premier roman de l'américaine Amy MacKinnon, publié en 2008 aux USA et paru cette année aux éditions 10/18.
Clara Marsh exerce la mystérieuse profession de thanatopractrice. Mais la mort n'est pas seulement son métier, c'est tout un univers dans lequel elle a trouvé refuge et qu'elle ne quitte que pour retrouver son jardin qu'elle entretient avec passion.
La jeune femme passe donc le plus clair de son temps entre les plantes et les morts auxquels elle administre les derniers soins de rigueur : habillement, maquillage, coiffure, sans oublier le petit bouquet choisi par elle avec attention. Une sorte de dernier hommage.
Clara respecte à ce point la mort qu'elle ne souffre qu'on la dérange, estimant là qu'il ne sert à rien de déterrer des êtres ayant suffisamment souffert de leur vivant.
Aussi, quand l'inspecteur Sullivan vient à lui reparler du meurtre d'Aimée X, une petite fille retrouvée morte 3 ans auparavant, la jeune femme décide de ne pas lui révéler qu'une tache de naissance dont elle seule eut connaissance aurait pu facilement identifier "l'enfant sans nom".
Mais la petite Trecie disparaît à son tour dans les mêmes circonstances. Clara est bien décidée à la retrouver, quitte à revoir certains de ses principes...

Découvrir "L'enfant sans nom" c'est accepter d'entrer dans un univers singulier où les morts tiennent une place de choix parmi les vivants. Clara Marsh fait partie de ces êtres qui se partagent entre deux mondes : la mort symbolisée par le funérarium, lieu de travail et domicile (elle vit à l'étage du dessus), et l'autre formé par son jardin et sa serre, "cette pièce (qui) est du côté de la vie".
Hormis le propriétaire du funérarium et son épouse qui lui tiennent lieu de famille, la jeune femme laisse peu de place aux vivants dans son quotidien. Clara est une femme mystérieuse qui traîne derrière elle un lourd passé. Elle nous apparaît comme extrêmement sensible et angoissée et l'on devine au fil des pages que de terribles événements l'ont traumatisée et littéralement éteinte.

" Tous les jours, au boulot et dans ma vie, je dois en quelque sorte redresser les torts commis par d'autres. Et la plupart du temps, ce monde, mon monde, est tellement accablé de maux que parfois j'ai du mal à faire confiance aux gens bien." p.256

Le quotidien de Clara va basculer le jour où la petite Trecie, qui lui fait étrangement penser à elle plus jeune, disparaît. Commence alors une enquête qui fera ressurgir en Clara beaucoup de souvenirs enfouis et des angoisses, autant de démons intérieurs contre lesquels elle peine à lutter.
Au delà de l'enquête sur la disparition de Trecie, ce roman nous entraîne dans la quête de Clara et nous fait comprendre pourquoi cette jeune femme s'est tant repliée sur elle-même.
Mais malgré le portrait dressé ici, je ne parlerais toutefois pas de roman macabre. Voilà une femme anesthésiée par la mort dont elle a fait son univers mais pour laquelle elle n'éprouve aucune fascination. Il y a cette part de vie en elle, son désir de sauver cette petite fille, ses fleurs (dont elle détaille chacune des significations) et son attirance pour un homme qui nous laissent croire qu'elle dispose encore d'une chance d'être heureuse pourvu que la bonne personne lui tende la main.

Finalement, j'ai trouvé l'enquête bien dérisoire et même très convenue. Je crois que ce roman vaut surtout la peine d'être lu pour la finesse apportée dans la psychologie du personnage de Clara.
Les chapitres se partagent entre l'enquête et les souvenirs de la jeune femme mais on ressent très vite quel aspect domine le roman, d'autant que le narrateur n'est autre que Clara.
Bref, si vous cherchez une intrigue avec gros rebondissements à la clé, passez votre chemin.
En revanche, si c'est un roman d'ambiance (particulière certes) qui vous fait envie, je vous le recommande chaleureusement !

" - Alors, vous croyez à quoi?
Je regarde de nouveau la boîte, puis par la fenêtre, l'entrée de service du funérarium, et plus loin le cimetière de Colebrook :
- Je crois que c'est important de respirer.
Mike relève tout à coup la tête, et ses yeux s'accrochent à moi. Je voudrais me retourner, mais il tire fermement sur le lien qui nous rattache.
- Respirer?
- Oui.
Je ne sais pas pourquoi je continue, mais personne ne m'a jamais posé la question et c'est tout ce que je puis lui répondre.
- Quand on se concentre sur sa respiration, on a juste conscience de l'instant. Et c'est bien là tout le ce qu'on possède : un instant. Lorsqu'on cesse de respirer, on cesse d'exister.
Les yeux de Mike sont grands ouverts. Si je pouvais me détourner, je ne verrais pas sa lèvre qui tremble, mais il tire encore davantage sur le lien :
- Vous avez du mal à respirer parfois?
- Oui, c'est toujours difficile.
- Moi aussi. " p.106

D'autres avis : Clarabel - Laure - Mic - Stelou

Un grand MERCI à et aux éditions de m'avoir offert ce livre !


8 avril 2010

Fourrure - Adélaïde de Clermont-Tonnerre


"Fourrure" est le premier roman de la française Adélaïde de Clermont-Tonnerre.
Le récit s'ouvre sur le décès de Zita Chalitzine, romancière à la vie décousue récemment accusée par la presse de supercherie littéraire.
Alors qu'elle n'avait plus remis les pieds chez sa mère depuis 12 ans, sa fille Ondine découvre un manuscrit dans l'appartement parisien. Trop remontée contre cette femme qui n'a jamais joué son rôle de mère, Ondine perd pied et confie ce roman qui pourtant lui était destiné à son jeune beau-père.
Pierre, qui avait épousé Zita la veille de son décès, s'attelle à la lecture de ce dernier roman qui relate sans ambages des pans entiers, et jusque là insoupçonnés, de la vie de son épouse.
Quelqu'un connaissait-il réellement Zita Chalitizine?

Les romans évoquant les vies d'écrivains aussi fictives soient-elles ont toujours éveillé mon attention. Pourquoi? Car ces personnages particuliers sont souvent présentés comme des êtres mystérieux, torturés, marginaux, légèrement ou foncièrement autistes et parce que leur nature même laisse croire à des intrigues à rebondissements.
Voici un roman qui nous plonge d'entrée de jeu dans la vie de Zita. Pas de chichis (j'ai l'impression que c'est souvent le cas dans les premiers romans). Le roman débute de façon très factuelle : la découverte du corps sans vie de la romancière fait scandale alors même que la paternité de ses oeuvres se voyait contestée par la presse quelques jours plus tôt.
Un décès à l'origine de sentiments contrastés. Oscillant entre indifférence et colère qu'elle exprime dans une langue assez brute de décoffrage, Ondine semble déterminée à rayer définitivement sa génitrice de ses préoccupations contrairement à Pierre, que la nouvelle a dévasté et dont la tendresse à l'égard de la romancière, de 20 ans son aînée, est distillée à toutes les pages.
J'ai beaucoup aimé ce passage qui fait la part belle à la femme mûre.

" Pierre avait aimé leur différence d'âge. Les vingt ans qui les séparaient la rendaient moins forte, plus accessible. Lorsqu'il tenait Zita contre lui, en pleine lumière, les marques que le temps avait laissées sur son visage l'émouvaient, comme les cicatrices d'une guerrière.
Sa vie se lisait sur sa peau et il la trouvait belle. Les hommes qui prétendent aimer la jeunesse ne font que s'aimer eux-mêmes, songea-t-il. Lui n'éprouvait pas le besoin de projeter l'encre de ses fantasmes sur la page blanche de femmes en devenir. Un être malléable ne lui inspirait pas de désir : c'était conquérir du vide. Il préférait les femmes que la vie avait polies et marquées, celles dont on touche, comme sur un livre en braille, les humiliations et les plaisirs au coin de la bouche et des yeux. Il aimait qu'avec un corps il y ait une âme un peu lasse et fourbue qui vienne se lover contre lui. Il l'aimait elle, Zita. Avec son passé, ses blessures, ses lâchetés et ses effrois. " p.28
La mise à disposition d'"En mémoire de moi", autobiographie de Zita et véritable roman dans le roman, sera l'occasion pour la romancière de dévoiler à sa fille l'identité de son père mais également d'évoquer non sans franc-parler son enfance, sa jeunesse écoulée trop vite auprès de Madame Claude, ses petits bonheurs, ses furieuses envies de liberté, ses déceptions, ses coups de gueule envers la haute parisienne des années 70 et ses rencontres avec des écrivains, notamment avec Romain Kiev à qui l'on prétend qu'elle aurait servi de prête-plume.

" Pourquoi les hommes aiment-ils les garces dans mon genre? Parce qu'elles les soulagent. Avec les femmes bien, ils sont débiteurs. Rien de plus annihilant que cette prison de l'amour et de la perfection dont elles ligotent leurs maris et leurs amants. Elles les écrasent de culpabilité, dissolvent leur confiance, sapent leur virilité. Auprès de ces mantes religieuses sapées de sainteté, ils n'ont pas d'excuses. Pas le droit d'être ratés, fragiles ou infidèles.
Avec une femme comme moi, ils sont libres. Libres d'être aussi salauds que je le suis. Libres d'être eux-mêmes, avides et conquérants, sans loyauté et sans fardeau. Pourquoi croyez-vous qu'ils continuent à tomber dans mes filets? Parce que je n'en ai pas. " p.483

Le récit alterne entre les chapitres du roman de Zita et les découvertes d'Ondine et de Pierre. J'ai apprécié la façon de Zita de s'exprimer sans détours sur des sujets houleux, un peu moins ses descriptions parfois tirées en longueur de la bourgeoisie parisienne et de son hypocrisie sociale (ce milieu ne m'attire décidément pas).
Les personnages sont bien marqués, le décor est (on ne peut plus) planté, le récit se veut accrocheur et servi par une écriture vive et étonnamment sensible.

Pas un coup de coeur pour moi mais une auteure que je n'hésiterai pas à relire.

Une interview de l'auteure ici

D'autres avis : Evertkhorus - Soukee - Will - Constance93 - Sophie - Marine


Un grand MERCI à et aux éditions de m'avoir offert ce livre !

6 avril 2010

Mon cher frère - Hakan Bravinger


"Mon cher frère" est le premier roman du suédois Hakan Bravinger, éditeur et auteur de deux recueils de poésie.
"Mon cher frère" est une saga familiale centrée autour des deux frères Bjerre qui se vouent l'un à l'autre une haine sans demi-mesure. Nous sommes en 1913, époque à laquelle la psychanalyse n'en est encore qu'à ses premiers balbutiements.
Andreas, criminologue de son état et éternel angoissé, tente tant bien que mal de finir son livre composé d'entretiens avec des prisonniers condamnés à purger de lourdes peines contrairement à son frère Paul, psychanalyste émérite, qui semble réussir tout ce qu'il entreprend.
Autour de ces deux hommes gravitent deux femmes, Madeleine et Gunhild, qui tenteront tant bien que mal de réconcilier les deux frères. Y parviendront-elles à force de persuasion et d'amour?

Lorsque j'ai aperçu ce livre dans les partenariats proposés par Livraddict, je me réjouissais à l'idée de découvrir l'histoire de ces deux frères, d'autant plus que le quatrième de couverture signalait qu'il s'agissait d'un roman épistolaire, genre dont je suis particulièrement férue.
En effet, le récit se voit jalonné de documents et de lettres qui viennent appuyer les faits relatés et donnent au roman un aspect "authentique".
Comme l'indique mon résumé, nous voici donc en présence de deux frères littéralement rongés par une haine viscérale. Aussi, si l'on ne devait assigner à ce roman qu'un seul et unique but, ce serait celui d'expliquer au lecteur les raisons ayant amené les deux frères à construire leurs vies sur base de scissions familiales.
Le roman débute en 1925 par l'annonce du décès d'Andreas Bjerre et de sa femme Madeleine et remonte progressivement le fil du temps à partir de 1913 pour refermer la boucle en 1925.

Comme il est de mise dans bon nombre de familles, les parents Bjerre ont à la fois accouché d'un fils "parfait", s'illustrant brillamment à la fois dans sa carrière et dans son mariage et d'un autre, canard boîteux qui a du mal à démarrer sa vie du bon pied.
Au fur et à mesure du récit, le lecteur se rend compte que papa et maman ont chacun leur préférence, ce qui n'est pas sans causer des frustrations aux deux fistons.
N'ayant heureusement jamais connu de tels emportements avec mon propre frère, j'ai eu du mal à réellement rentrer dans cette histoire. Bien que j'ai pu en saisir les raisons, je ne m'imagine toujours pas comment il est possible d'y consacrer (et d'y gâcher) toute sa vie, de s'acharner de la sorte sous le couvert de liens de sang.
On ne peut qu'être chagriné de constater que ce sont bien souvent les proches (parents, enfants, épouses) qui en pâtissent le plus comme c'est le cas dans ce récit.
Mais jusque là, tout va bien. Il me faut reconnaître que les sentiments des deux frères sont transcrits avec justesse et permettent parfaitement au lecteur de mesurer toute la complexité qui sied aux relations fraternelles conflictuelles.

Mais, car il y en a un (aie aie aie pas frapper Mr Bravinger, je ne parle pas le suédois).
Bien que la haine opposant les frères Bjerre soit le sujet principal de ce roman, je m'étais attendue à ce que leurs professions respectives soient davantage explorées par l'auteur.
Hormis la célèbre conférence de 1913 à laquelle se distingue Paul Bjerre, les trop brèves incursions de Lou Salomé et de la bande à Sigmund et l'entretien d'un tueur mené par Andreas (et dont la mort par pendaison sera présentée comme un échec supplémentaire pour le Bjerre maudit), je n'ai pas trouvé de réelles pistes quant aux travaux des frères Bjerre.

Ce roman s'avère donc une déception partielle (par rapport à l'idée que je m'en faisais au départ je précise).
Un profond récit sur l'hérédité, les relations familiales toxiques mais à mon sens trop anecdotique que pour contenter les amateurs de psychologie.

" Gunhild a fini par me rejeter, c'était inévitable. Mes tentatives de réconciliation n'ont mené, selon toi, qu'à davantage de reproches et d'aigreurs. J'étais un croisement d'agitateur et de bourgeois, tu as toujours eu du mal à le comprendre : l'agitateur qui était en moi voulait détruire tout ce que le bourgeois s'efforçait de construire.
La partie a été beaucoup plus facile pour toi. Tes recherches, tes travaux ont toujours été au service de ton amour de l'humanité. Pour toi, l'homme est une créature admirable, qui mérite la considération. Tu as toujours estimé que moi, j'avais choisi au contraire de m'en moquer." p.203

D'autres avis : Clara - Jostein



Un grand MERCI à et aux éditions de m'avoir offert ce livre !

8 février 2010

Manhattan - Anne Révah


"Manhattan" est le premier roman d'Anne Révah, née à Paris en 1968. Ce roman a été publié en mai 2009 aux éditions Arléa.
Une femme apprend qu'elle est gravement malade. 4 tâches de la forme de Manhattan endolorisent son avant-bras gauche. Il n'en faudra pas plus à cette femme pour quitter mari et enfants sans leur souffler mot du diagnostic.
Partir est tout ce qui importe. Se confier aussi. Se délivrer d'une souffrance bien plus ancienne que celle occasionnée par les tâches blanches. Ecrire à sa mère et tout lui dire.

"Manhattan" est la confession d'une femme fatiguée par sa vie. A l'annonce de sa maladie viennent s'ajouter de troublantes révélations quant à son existence, à ce rôle qu'elle a joué durant des années pour contenter tout le monde.

"J'avais envie d'être ailleurs, c'était une évidence, seule avec mes tâches blanches dans la tête il me fallait une vie où je n'aurais pas à attendre ma chute dans la maladie et la mort.
Une vie où je n'attendrais plus. Personne n'aurait à surveiller les tâches blanches, je les emportais avec moi, je faisais le choix de nous en libérer, je ne serai pas malade sous les yeux de Victor et des enfants, je supprimais l'attente de la mort ou des tourments de ma peau, c'était ma fuite, elle nous éviterait la décadence que la démyélinisation me promettait silencieusement.
Victor ne saurait jamais pourquoi j'avais disparu ; il penserait qu'un amour secret m'avait rendu la vie impossible, qu'un suicide impulsif m'avait arrachée à lui, il ne pourrait pas penser que je les avais quittés. Je laisse Victor avec les souvenirs d'une vie ensemble, je le laisse dans notre vie, je le perds, lui et les enfants, je les pousse loin du temps qui reste." p.21

Un ouvrage court, poignant et extrêmement bien écrit. Durant toute ma lecture, je n'ai cessé d'éprouver de l'admiration pour cette femme, de saluer son courage et la dignité avec laquelle elle nous livre son récit de vie.
Bref. Je ne m'étalerai pas davantage, lisez-le!

D'autres avis : George - Lily et ses livres - Leiloona - Géraldine - Praline - Nanne - Canel - Kathel - Sandrine

Ayant reçu mon exemplaire de George (merci encore m'dame ;)), j'ai décidé d'en faire un livre voyageur.

A voyagé jusque chez Choco, Clara, Aifelle, Stephie, Mango, Marie, Pascale, Raison et sentiments, Claudia Lucia, DeL.

25 janvier 2010

Deux nouveaux challenges sur la blogosphère

Au cas où certain(e) s d'entre vous ne sauraient plus quoi ajouter à leur colonne "Challenges" (Ys et Choco si vous me lisez^^) ...
Voici deux défis ô combien audacieux et originaux puisqu'ils nous proposent de :

1) Découvrir et partager un premier roman : merci à Saphoo (cliquez sur le logo pour les détails)


2) Découvrir la littérature de l'Europe Centrale et Orientale : merci à La plume et la page (cliquez sur le logo pour les détails)


Inutile de dire que ma challengite aigüe n'a pas pu résister...